CARBONE MEMORY

CARBONE MEMORY, MON PREMIER ROMAN.



Carbone Memory en version ebook est, et restera vendu au prix de 0.99€ 
(+ qq/centimes de taxe prélevés par Lulu)



Pour acheter le livre en version papier prix moins sympa, mais vu les coûts de fabrication de ce livre sur Lulu (14,68 euros) je n'ai vraiment pas pu faire moins cher (15 euros + taxe pour Lulu + livraison) :






Un roman dont les principaux thèmes sont la domination et le contrôle exercés par une partie de la population sur une autre, la spoliation des biens et celle des âmes, le rejet, le mépris, celui de la personne mais surtout pas celui des Lois, même si elles sont injustes, du moment qu’elles vous sont favorables, et la lutte pour le droit à la dignité et au respect, pour la justice, pour le droit de vivre, tout simplement vivre, et si possible être reconnu comme un citoyen à part entière.

L’histoire, qui se déroule dans un lointain futur, parle également du contrôle que ceux d’en haut, de très haut, exercent sur ceux d’en bas, ou qui sont considérés comme tels, à coup de tromperies, de manipulation et de mensonges.

Et quelle meilleure façon pour contrôler les esprits que de forcer les gens à autovider leurs mémoires toutes les trois heures ? Privés des souvenirs de leur passé, n’ayant plus aucune connaissance de l’histoire en général, ils ne savent plus d’où ils viennent, alors qu’ils gagneraient beaucoup à le savoir, ils répêtent inlassablement les mêmes erreurs, voire même horreurs, autrefois commises par leurs prédécesseurs, ils deviennent incapables de maîtriser leur présent, et encore moins capables d’envisager et de préparer leur avenir.

L’histoire est vécue à travers le regard et le quotidien de Roni Rommsleg, Chef de l’Ordre de la ville de Fuzorcobalt (le poste le plus élevé dans la hiérarchie gouvernementale après celui de l’Empereur et sa cohorte de Ministres de ceci et de cela), un type particulièrement antipathique, parfois même odieux, manipulateur, égocentrique, insensible, cassant et méprisant. Fummaz, son épouse, n’est pas meilleure que lui. Méchante, querelleuse, dictatoriale, intéressée uniquement par ce que les autres peuvent lui rapporter, elle est de surcroît menteuse et de mauvaise foi. Ils sont si imbuvables qu’ils en deviennent grotesques, et parfois même comiques.

A se demander comment Recto et Verso, leurs deux jumeaux de sept ans et demi, parviennent à grandir et se construire dans un tel environnement, sans être impreignés eux-aussi, voire même marqués à vie, par cette atmosphère étouffante de malveillance et de mépris.

Agissant dans l’ombre, prisonniers de la clandestinité, quelques activistes et militants pacifistes et déterminés, tels Filomèin ou le reporter Damian Torrleg, tentent pourtant de changer les fondements de leur société, et rendre leurs droits et leur dignité à ceux qui en ont été privés.

Un roman percutant, évoquant des sujets graves et importants, mais où l’humour, teinté d’ironie, de caricature et de parodie, parfois très noir mais toujours grinçant et décapant, est loin d’être absent.



Extraits.

Rommsleg sentit la main ferme de son épouse se poser sur son épaule et le secouer sans ménagement. Il se leva sans protester, se prépara, avala sa bouillie matinale, traversa le corridor de l’entrée, saisit sa paire de lunettes antirayons et son filtre qui traînaient sur la commode, puis il sortit sur le palier et se dirigea vers l’ascenseur sans écouter les slogans publicitaires que les haut-parleurs récitaient en permanence. La cabine entama une chute vertigineuse, passant en une seconde du 154èmeniveau au rez-de-chaussée.

Il traversa le vestibule de son bilding. Sur l’aile droite et au centre étaient regroupés les Citoyens de seconde classe qui avaient le privilège de loger à Bèllazur. Dans les spacieuses et confortables salles communautaires de première classe, situées sur l’aile gauche, se délassaient les Citoyens Supérieurs. Rommsleg passa sans y prêter attention devant la statue géante d’Arkèn 7, l’Empereur nouvellement élu. Il entra dans une salle communautaire, se servit un grand verre d’eau, choisit un fauteuil libre et, tandis que son logiciel d’autovidage automatique de mémoire effaçait le contenu de son dernier rêve, il concentra son attention sur une série de publicités diffusées par un haut-parleur. 

Cela faisait une semaine que Rommsleg n’avait pas quitté son logis. Il y avait passé ses vacances de la mi-année, affalé sur le canapé du salon à regarder les émissions diffusées sur la chaîne Cossmôs, tout en vidant les unes après les autres des maxikanèts de Mâmoout. Il était temps de retourner travailler. Il quitta la salle communautaire et sortit dans la rue, où des milliers de Citoyens allaient accomplir leur destin quotidien.

Rommsleg se dirigea vers le distributeur de rire le plus proche afin de s’acheter un peu de gaz hilarant. Il plaça le tuyau à double entrée dans ses narines, inhala la substance quelques secondes puis repositionna correctement le filtre. Il alla ensuite s’asseoir sur un banc pour laisser libre cours à sa crise de fou rire matinale.

Autour de lui, quelques Spécimèns (sûrement des domestiques employés dans les bildings du district) vaquaient à leurs futiles occupations. Rommsleg les dévisagea avec mépris, sans pour autant cesser de glousser. Certains lui lancèrent des regards remplis de haine et de rancœur, d’autres le regardèrent avec méfiance ou crainte puis passèrent rapidement leur chemin. Rommsleg interpréta leur insolence comme une manifestation évidente de jalousie envers son équipement de protection. Les Numins comme lui, quel que soit la catégorie sociale à laquelle ils appartenaient, portaient un magnifique uniforme Aspitranspi, sans lequel il était difficile de résister à la chaleur. Ils protégeaient également leurs yeux derrière de superbes verres antirayons, et leurs voies respiratoires avec des filtres colorés. Les Spécimèns, du fait de leur statut inférieur, étaient bien naturellement privés de ces protections. Pour pallier à cet inconvénient, ils récupéraient dans les poubelles des morceaux de vêtements usagés avec lesquels ils confectionnaient des habits de fortune, équipés d’un système de ventilation bricolé avec des bouts de tuyaux de plastique ramassés ici ou là. Certains parvenaient à se procurer de vieilles paires de lunettes jetées par leur propriétaire, souvent rayées, parfois même brisées, et par conséquent assez inefficaces contre les rayonnements nocifs venus d’en haut. Les Spécimèns ne possédaient pas non plus de filtre, ce dont ils se plaignaient lors de manifestations que le service d’Ordre de la cité était chargé de réprimer. Rommsleg était outré par ces revendications déplacées, et par l’arrogance inouïe des manifestants. Ces gens ne croyaient tout de même pas que le Gouvernement allait céder à leurs moindres caprices et leur fournir, comme aux Numins, des équipements de sécurité !

Alors, faute de pouvoir obtenir ce qu’ils exigeaient, les Spécimèns plaquaient sur leur nez un mouchoir vaguement humidifié, espérant de cette manière filtrer l’air pollué que l’on respirait partout à Fuzorcobalt, même sur les hauteurs de la ville, et jusque dans les districts ultra résidentiels tels Bôkeur, Bèllvu, Bôregar ou Bôkartié, peuplés presque exclusivement de Citoyens Supérieurs.

Un Spécimèn, qui semblait à bout de forces, se traîna jusqu’au distributeur d’eau et prit place dans la file d’attente. Lorsque son tour fut venu, il glissa un gobelet en plastique sous le robinet et posa son index sur le système biométrique de paiement. Au bout de quelques secondes d’attente, un mince filet d’eau suinta dans le récipient, seule récompense obtenue des quelques koyns prélevés sur un compte en banque probablement fort dégarni. Le Spécimèn but une gorgée du précieux liquide, une seule, puis enfonça son mouchoir au fond du gobelet afin d’éponger les dernières gouttes et s’en rafraîchir le front. Le Spécimèn suivant tenta ensuite sa chance. Il plaça son gobelet sous le verseur et posa lui aussi son index sur le système biométrique de paiement. Une lumière rouge clignota sur le panneau de commande, trahissant le fait honteux que son compte en banque était vide. Le Spécimèn s’écroula sur le trottoir en gémissant. Deux de ses congénères le saisirent alors sous les bras et l’obligèrent à se relever, puis, pour une raison que Rommsleg ne comprit pas, ils tapotèrent à plusieurs reprises son bras gauche avant de lui tendre un gobelet dans le fond duquel devaient subsister quelques gouttelettes. C’était sans doute là, songea Rommsleg, une nouvelle manifestation de ce curieux et primitif langage corporel spécimèn, forcément inintelligible pour le Numin évolué qu’il était.

Rommsleg détourna son regard de ce pitoyable spectacle qui l’avait mis de fort mauvaise humeur. Ces gens-là, grogna-t-il, n’avaient vraiment aucune dignité ! Ils avaient le culot de venir s’approvisionner jusque dans les districts supérieurs, s’imaginant sans doute apitoyer les Citoyens avec leurs attitudes ridicules de victimes éplorées. Comment pouvaient-ils être aussi stupides et naïfs ? 

Un Citoyen de seconde classe s’approcha de son banc et s’assit à côté de lui. Il se mit à observer le manège des Spécimèns en poussant de longs soupirs. « Pauvre gens ! » s’exclama-t-il soudain. « Voyez comment nous les traitons ! Ne trouvez-vous pas cela injuste, Citoyen ? » Rommsleg le dévisagea un instant, puis, sans un mot, il se leva du banc et partit.

Juste au coin de la rue de la Bôté et de l’impasse de la Prûdans, il manqua de trébucher sur un Spécimèn affalé par terre, au bord du trottoir. Il s’apprêtait à sortir sa matraque pour corriger l’individu lorsqu’il se rendit compte qu’il n’avait pas fait exprès de lui barrer le passage. Le Spécimèn avait perdu la vue à cause des fortes radiations subies par sa rétine, et ne l’avait donc pas vu arriver. Etalé sur son bout de trottoir, il mendiait auprès des Numins, mais sans aucun succès, bien sûr, un peu d’eau purifiée et de quoi manger. Rommsleg poussa un soupir d’exaspération et poursuivit son chemin.


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- Qu’est-ce que je disais ?
- Tu disais à Verso que c’est un ingrat.
- Ah oui ! Au fait, Roni, en parlant de vert, tu as utilisé du statufiant aujourd’hui ? Tu en as dans les cheveux.
- Oui, j’ai arrêté un Spécimèn ce soir dans le métro. Il était monté en première.
- En première ? Ça alors !
- Des passagers le tabassaient, et il s’est défendu comme il a pu. Alors j’ai mis tout le monde d’accord à coup de statufiant, et je l’ai embarqué.
- Il s’est défendu, en plus ? Alors qu’il était dans son tort ! C’est dingue ! Il a frappé les Citoyens ?
- Non… Si… Enfin, pas vraiment. Il a seulement essayé de se défendre.
Seulement essayé ? Non mais je rêve ! Qu’est ce qu’il lui a pris de se défendre contre des Citoyens Supérieurs ? Au lieu d’avoir l’humilité de se laisser corriger comme il le méritait ! Un de ces quatre, ces inférieurs sociaux vont finir par revendiquer des droits ! Si ça continue comme ça, je sais pour qui je vais voter aux prochaines démocratiques !
- Tu as le temps d’y penser, on vient à peine d’élire notre nouvel Empereur, et les prochaines démocratiques n’auront lieu qu’après sa mort !
- Quel âge a-t-il ?
- Quatre-vingt-dix-sept ans, quelque chose comme ça.
- On a le temps, en effet !
- T’inquiète pas, c’est pas lui qui accordera le moindre droit aux Spécimèns.
- T’as raison, j’ai tort de m’inquiéter. Et puis, je ne vois pas comment ils pourraient obtenir des droits, ils n’ont même pas celui de voter. Faudrait déjà commencer par le commencement ! Quand je pense que ce taré de Vétèr 6 avait annoncé, durant sa campagne, vouloir donner le droit de vote aux Spécimèns du Bôlannd s’il était élu ! T’as vu, hein ? Il n’a pas survécu longtemps à sa déclaration tonitruante !
- Ma, c’est quoi la campagne ? demanda Recto.
- La campagne, ce sont des discours que tu prononces sur les ondes de Cossmôs pour convaincre les imbéciles de voter pour toi aux prochaines démocratiques.
- Ma, pourquoi les Numins ils détestent les Spécimèns ? Qu’est-ce qu’ils nous ont fait ? lâcha subitement Verso.
Il y eut un long silence embarrassé, puis Fummaz reprit la parole.
- Personne ne les déteste, qu’est-ce que tu racontes !
- Mais pourquoi des gens disent du mal d’eux ?
- D’après toi ?
- Je sais pas…
- Eh bien réfléchis deux minutes, si t’as un cerveau !
- C’est parce qu’ils sont pas pareils que nous ?
- Bah voilà ! Tu vois, quand tu veux…
- Ah… Alors, c’est pour ça qu’ils n’ont pas le droit de monter en première classe ?
- Voilà, c’est ça. La première classe est réservée aux Numins de Première Catégorie, c'est-à-dire les Citoyens Supérieurs comme nous. Les Numins de seconde classe vont en deuxième classe, et les Spécimèns en quatrième. C’est logique et normal.
- Il n’y a pas de troisième classe ? s’étonna Recto.
- Bien sûr que non !
- Pourquoi ?
- Il faut bien mettre un peu de distance entre les Spécimèns et nous ! Ils mériteraient même qu’on instaure pour eux une cinquième classe ! On est déjà bien gentils de leur autoriser l’accès aux transports en commun ! Normalement, ils devraient marcher ! Ramper, même !



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Damian Torrleg sortit de la cabine d’ascenseur et fit quelques pas sur la terrasse de Bélair 2. Autour de l’esplanade, une vingtaine d’ovnis et une trentaine de coléoptèrs étaient stationnés sans aucune surveillance. Ainsi, la rumeur était donc vraie. Il s’agissait là d’une faille monumentale dans le système de sécurité de la ville dont personne, à sa connaissance, n’avait encore jamais osé profiter. Il ne lui restait que peu de temps pour examiner de plus près les engins stationnés sur la terrasse et choisir celui qu’ils allaient emprunter. Ou plutôt voler. Il partit faire le tour de la place.

De violentes bourrasques animèrent soudain les lourdes pales des coléoptèrs d’inquiétantes secousses, et il commença à se demander ce que faisait Filomèin. Elle accusait désormais un retard de plusieurs minutes. Il ouvrit son ordicéfal et essaya de lui envoyer une onde, mais il ne parvint pas à capter le réseau. Soit elle avait obéi aux ordres du Comité et s’était déjà fait déconnecter, soit… Non, il ne pouvait envisager cette éventualité. Elle allait arriver d’un instant à l’autre.

La lumière ici était différente. Aucun réverbère n’équipait la terrasse, et pourtant elle était parfaitement éclairée. Torrleg leva machinalement les yeux, et découvrit une boule jaune qui flottait dans le ciel, juste au-dessus de sa tête. La lumière semblait provenir de ce curieux objet. Et puis soudain, il comprit ! Il en avait toujours eu l’intuition, et il en avait maintenant la preuve sous les yeux : c’était Luna ! La légendaire Luna, qui existait bel et bien !

Etait-ce possible ? Le Grand Prêtre du Temple de la Foi en personne, appuyé dans ses déclarations par la cohorte de Ministres de ceci ou de cela, avait toujours soutenu dans ses sermons, au Temple mais également lors des émissions religieuses diffusées sur Cossmôs Ferveur, que Luna n’existait pas, que ce n’était qu’une légende, et qu’il n’y avait pas d’autre planète que Térra. Il en était désormais intimement convaincu : le Grand Prêtre ne s’était pas trompé, il mentait sciemment. Filomèin allait être ravie de l’apprendre.

Voilà qui validait un peu plus la théorie que l’on espérait pouvoir démontrer. Que pouvait-on faire pour rétablir la vérité et libérer les Térranéins de cette croyance apocryphe ? Faire une déclaration officielle sur les ondes de Cossmôs ? Il était impossible, et même criminel, de contredire le discours du Grand Prêtre, « tant il est vrai qu’en dehors de cette parole véridique, toute opinion, même confinée dans l’espace privé de la pensée, ou déclaration contraire à ce dogme n’est que pure hérésie, et s’il se trouve des âmes égarées voulant contredire la Sainte et Divine Vérité, elles devront renier leur foi ou seront accusées de sorcellerie et subiront l’épreuve du bûcher, ce châtiment juste et divin que réserve aux impies le Grand Tribunal de l’Inquisition, de sorte que par la purification des flammes sacrées ils puissent expier leurs immondes péchés », récita de mémoire Torrleg.




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À cet instant, la sirène de marquage des Spécimèns se déclencha, mettant subitement un terme à la dispute conjugale. Des Sécuritèrs armés jusqu’aux dents surgirent de tous côtés. Les Spécimèns qui cheminaient sur les trottoirs réservés à leur catégorie s’enfuirent ou tentèrent de protéger leur visage en se cachant derrière les barrières de sécurité. Rommsleg fut d’abord surpris par le déclenchement inattendu de la sirène, puis très vite il retrouva ses réflexes professionnels, dégaina son crachoir et joignit ses forces à l’offensive. La moisson s’avéra excellente. De nombreux Spécimèns furent marqués par un crachat synthétique indélébile qui allait permettre aux forces de l’Ordre de les arrêter sans avoir besoin d’un quelconque prétexte. Quelques instants plus tard, la sirène se tut, et les Sécuritèrs disparurent aussi soudainement qu’ils étaient apparus. Rommsleg rangea son arme dans son étui.

- Qu’est-ce que je disais ?
- Puisque j’aime tellement les marjinos…
- Ah oui ! Puisque tu aimes tellement les marjinos, tu n’as qu’à te convertir à leur philosophie et partir vivre avec eux !
- Parfaitement, mon cher ! Je vais réfléchir très sérieusement à ta proposition !
- C’est ça, et tu t’achèteras une belle karatchok à trois koyns, et tu passeras tes journées à chanter dans le métro des chansons à l’eau de bouillie ! Et n’oublie pas de porter un xdraizgmtopfgnagh aussi, tant qu’à faire ! J’en ai même un pour toi, regarde… Non mais regarde cette dégaine ! Ma pauvre Fummaz… Tu me fais pitié ! Non mais quelle idée j’ai eue de choisir une nullité pareille comme épouse ! Si j’avais su, j’aurais consulté un autre catalogue sur le réseau de l’Office des Mariages !
- Et pourquoi tu m’as choisie, alors ?
- Je ne t’ai vue que de dos, figure toi. Il y avait un bug dans le visionnage des 3D, et mon logiciel de retournement d’images était en panne ce jour-là. Tu n’avais pas l’air trop moche de dos, malgré tes grosses fesses, alors je me suis dit, bon, ben, celle-ci ou une...
- Parce que toi, t’es beau, peut-être ?
- Oh la la ! Je plaisantais ! Rigole, quoi ! C’était une blaaaaaaague ! En plus, tu n’as aucun sens de l’humour !
- Ça suffit, Roni ! Y’en a marre ! Tu m’insultes, tu insultes les gosses… 
- Moi, je t’insulte ? Je n’insulte personne ! Vous m’avez entendu insulter quelqu’un, les mômes ? Recto, tu m’as entendu insulter quelqu’un ?
- Nan.
- Tu as dit que j’avais des grosses fesses !
- Tu as toujours de grosses fesses… Nan, je plaisante !
- Non, justement, tu ne plaisantes pas ! Tu fais semblant de plaisanter, mais en réalité c’est pour pouvoir m’insulter en toute impunité !
- Absolument pas ! C’est complètement faux ! Tu vois, c’est toi qui es parano, pas moi ! Aie au moins la modestie de le reconnaître ! Et remets-toi un minimum en question, si toutefois tu en es capable !
- Insultes ou pas, on n’arrivera jamais à s’entendre de toute manière, alors partageons les meubles, partageons les économies, et divorçons !
- Partager les économies ? Tu es folle ? Et le Concours du Meilleur Consommateur ? Je vais le gagner comment, moi, si je n’ai plus suffisamment de koyns à dépenser ? T’as rien d’autre à me proposer, comme alternative ?
- Partageons les gosses, alors ! On regrette d’en avoir acheté deux, en plus ils sont insupportables quand ils sont ensemble et ils sont inutiles pour gagner le concours, puisqu’ils ne nous rapportent pas le moindre petit « sourire » !
- Excellente idée, partageons les gosses ! Je prends le bras gauche de Recto et la jambe droite de Verso ! s’esclaffa Rommsleg.
- Roni, je suis sérieuse ! Je veux divorcer ! Enclenchons la procédure.
- Sur le tapiroulan ?
- Oui, sur le tapiroulan !
- Attendons au moins d’être rentrés au logis, on pourra s’occuper de tout ça plus calmement ! En plus, je ne suis même pas certain qu’on capte correctement le réseau de l’Office des Divorces, dans le métro !
- Comme tu voudras, mais je te préviens, je ne reviendrai pas sur ma décision !
- Au fait, on va les partager comment, les gosses ? On les tire au sort ?
- Tu sais très bien que les jeux de hasard sont interdits à Fuzorcobalt ! Si tu as envie de finir ta vie en prison, pas moi !
- Dans ce cas, choisissons celui qu’on préfère. En espérant que ce ne soit pas le m…
- J’PRENDS RECTO !! Trop tard, je l’ai dit !
- M’en fiche, ma petite Fummaz, parce que moi, justement, je préfère Verso.
- Eh bien, tout est pour le mieux, dans ce cas. Marché conclu, chéri ?
- Marché conclu.




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Rommsleg fit un rapide constat des lieux. Fuzorcobalt était en flammes. Du haut de la colline qui dominait le reste de la ville et sur laquelle son district avait été bâti, on distinguait très bien les incendies qui ravageaient les autres districts, situés en contrebas, dans la vallée. Il ne restait de Bôté que des cendres. Frivill était également touché. Du côté de Bèllvu, des flammes immenses léchaient sans pitié les façades décrépies des bildings. Les districts de la périphérie, déshérités et réservés aux Spécimèns, n’étaient pas épargnés non plus.

À Bèllazur et Bèllvu, les brigades de pompiers aériens tentaient d’éteindre les brasiers en projetant sur les flammes des tonnes de cendres extinctrices. Partout, les sirènes des coléoptèrs de l’Ordre et celles des aéronefs de pompiers se mêlaient et s’emmêlaient en une cacophonie inimaginable qui reflétait la panique générale de l’instant. Cependant, en dépit du vacarme et du chaos, lui parvenaient du fond de la vallée les hurlements de guerre des manifestants. C’était plus qu’il ne pouvait supporter. Il devait foncer à la Citadelle et en finir avec cet intolérable désordre.

Son coléoptèr de fonction était stationné un peu plus loin, à côté d’un distributeur de rire. Le pilote avait déjà commencé à faire tourner les pales, manifestant ainsi son extrême impatience à décoller. Rommsleg courut vers l’engin, actionna l’ouverture de la portière et bondit sur la banquette arrière. Le pilote décolla sans plus tarder.

Rommsleg ôta son filtre et regarda dans le vitroscope. Des distributeurs d’eau avaient été saccagés. Les vandales avaient également arraché les grilles du métro Bôcéjour. Dans les rues, de hautes barricades défensives, faites de grilles tordues, de statues brisées, de meubles, de débris et de déchets divers, se dressaient en prévision de l’inévitable affrontement avec les forces de l’Ordre. Rommsleg augmenta la puissance de la loupe et la focalisa sur Jôlivu. Là-bas, des centaines de Spécimèns complètement déchaînés s’acharnaient sur les portes des bildings au moyen de lourdes poutrelles métalliques. Fort heureusement, les portes étaient solides et refusaient de céder. Mais pour combien de temps encore ?

Le coléoptèr prit de l’altitude. Rommsleg découvrit alors que les incendies s’étaient propagés jusqu’aux limites de Fuzorcobalt. Si la situation n’était pas rapidement maîtrisée, Mirorbaltuk, la sous-préfecture, serait bientôt touchée. Dans le district au-dessus duquel il se trouvait, des Spécimèns devenus tout petits couraient dans toutes les directions, comme s’ils ne savaient plus où aller ni ce qu’ils devaient faire pour contribuer à la bonne marche de leur « révolution ». Rommsleg se sentit rassuré par la confusion totale qui régnait au sein de leurs troupes. Pourquoi le Comicèr Général avait-il paniqué ainsi ? soupira-t-il. L’Armée Ultranationale, une fois lancée à l’assaut de ces hordes barbares, n’aurait aucun mal à écraser un début de révolte aussi pitoyable et désordonné. Très bientôt, l’ordre allait de nouveau régner !

Le coléoptèr se posa sur le toit de la Citadelle, au centre duquel se trouvait une piste d’atterrissage circulaire. Rommsleg éteignit sa ceinture de sécurité, bondit de son siège et se précipita vers l’ascenseur qui le mena en quelques secondes devant la salle de contrôle.

Dans la salle, Rommsleg retrouva le Comicèr. Il était affalé dans un grand fauteuil en plastique rembourré et se rongeait les ongles jusqu’au sang. Son visage s’illumina dès qu’il le vit arriver. Il se leva, courut vers lui, et allait se jeter dans ses bras lorsqu’au dernier moment il se retint, se mit subitement au garde-à-vous et entama avec une ferveur inhabituelle le chant patriotique :

Nous sommes les sujets de la Nation
Pleins de fierté et bien portants,
Nous chantons tous notre soumission
À notre cher Gouvernement…

- Ça va, ça va, grommela Rommsleg, agacé.



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Verso se leva de table et sortit de la cuisine en ronchonnant. 

- Fummaz, poursuivit Rommsleg, tu sais bien que si je ne l’avais pas fait, les passagers l’auraient lynché sur place ! 
- Et alors ? Ça n’était pas ton problème ! Un Spécimèn de plus ou de moins, qu’est-ce que ça change ? Et puis tu n’étais même plus de service à cette heure-là ! Tu fais des excès de zèle maintenant ? Si ça se trouve, c’était un dangereux rebelle du MLS et toi, comme un imbécile, tu lui as sauvé la vie ! 
- Pas sûr… Au fait, je me demande pourquoi le MLS réclame l’indépendance. L’indépendance de qui ? De quoi ? 
- L’indépendance de rien ! Ils disent n’importe quoi ! C’est comme quand ils prétendent qu’on les déteste. Tu les déteste, toi ? 
- Bien sûr que non !  
- On n’a plus rien le droit de dire sur eux, maintenant ! Le moindre truc que tu dis, même si c’est juste pour rire, et ça y est, c’est parti, ils t’accusent de tous les maux ! 
- J’ai remarqué, moi aussi, qu’ils sont devenus très paranos. 
- Ça, tu peux le dire ! En plus, ils n’ont aucun sens de l’humour ! Mais alors aucun !! Ou plutôt ils l’ont perdu. On ne peut même plus se foutre tranquillement de leur gueule comme on le faisait avant ! C’est triste, tout de même, d’en arriver là ! 
- Oui, on n’a même plus le droit de faire ce qu’on veut chez nous. S’ils sont pas contents, après tout, ils ont qu’à rentrer chez eux !
S’ensuivit un nouveau silence de plusieurs minutes, durant lequel les deux époux se plongèrent dans leurs pensées respectives. On entendit même, par-dessus le ronronnement de la soufflerie de l’aérateur, le bourdonnement des mouchards ailés et le léger chuintement que produisait le battement de leurs ailes délicates. De temps à autre, l’un d’eux se posait malencontreusement sur le grille-blattes de la cuisine et achevait sa misérable existence à l’état de viande rôtie.
Fummaz se leva pesamment, s’étira, bailla à s’en décrocher la mâchoire, puis poussa un profond soupir de lassitude.
- Eh bien, quelle charmante soirée… Cette conversation, si l’on peut appeler ça une conversation, était d’un ennui !  
- Au fait, Fummaz, tu seras peut-être intéressée d’apprendre que je vais bientôt avoir une promotion, à la Citadelle ? 
- Ça fait des années que tu me chantes la même rengaine… Bon, je te laisse, je vais aller regarder Cossmôs Hémoglobine bien tranquillement dans la chambre. Et ce n’est plus notre chambre, Roni, désormais, c’est MA chambre. À partir de maintenant, tu dors sur le canapé du salon. Et t’as pas besoin de faire encore des excès de zèle et te croire obligé de faire la vaisselle ! Mopaz vient demain matin, alors… 
- Mopaz ? C’est qui Mopaz ? 
- La femme de ménage. Tu connaissais pas son nom ? 
- Non. 
- Elle vient demain, alors elle n’aura qu’à le faire elle-même ! Je la paye pour ça ! Et je la paye très cher, pour une Spécimène ! J’exige qu’on la remplace, au plus tard luncredi prochain, par un éléfan automatique ! Depuis le temps que je t’en réclame un !  
- Tu es sûre ? Ça ne me déplaisait pas de la voir, celle-là… On pourrait peut-être la garder en la payant moins ? 
- Oui, on pourrait… 
- Ou conserver son salaire au même niveau mais lui demander, en dédommagement, de faire le ménage en petite tenue ? Qu’est-ce que tu en penses ? 
- Ah, je vois… Dis donc, Recto, puisque t’es encore là, ramasse les mouchards grillés et mets les dans le congélateur. On les grignotera demain soir en regardant une visio. Salut, tout le monde ! 
- Eh bien, voilà qui clôt brutalement notre pauvre tentative de dialogue positif de ce soir, soupira Rommsleg. 
- Qui clôt définitivement… rectifia Fummaz




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Fummaz entra dans la cuisine en rouspétant au sujet du stock de B12 qu’elle n’avait jamais réussi à liquider. Les cartons encore pleins à ras bord envahissaient toujours les placards du bas et de l’annexe. Une fois sa bouillie et son jus de shôcèt avalés, elle retourna au salon et se connecta au Réseau de la Municipalité de Fuzorcobalt pour y faire enregistrer son vote.

Cinq années venaient de s’écouler depuis l’assassinat d’Arkèn 7, durant lesquelles Démôn 8 avait réussi à maintenir la paix sociale. L’armée Ultranationale, stationnée en permanence dans les rues, veillait désormais au maintien de l’ordre et n’hésitait pas à tirer sur le moindre suspect. Depuis l’élection de Démôn 8, plus aucune tentative de révolte n’avait eu lieu. Il n’y avait même pas eu de manifestation. Ces ingrats de Spécimèns avaient bien du culot, rouspétait souvent Fummaz, de prétendre être les « victimes de brimades et de persécutions » ! Avec tout ce qu’ils avaient fait pour eux !

Fummaz ne savait pas dans quel état de délabrement physique et mental son ex-époux devait se trouver à l’heure actuelle, et elle s’en fichait. Ce qui était grave, par contre, c’est qu’elle n’avait jamais touché la prime promise pour dénonciation ! Elle n’avait pas osé faire une réclamation de peur de se faire arrêter, et avec son modeste salaire et ce logis de sept pièces à entretenir, elle avait connu de graves difficultés financières ces cinq dernières années. Et bien sûr, elle avait dû faire une croix définitive sur son rêve d’ovni… Si elle avait su… Elle n’avait jamais eu la moindre nouvelle de Recto, qui devait avoir treize ans maintenant.

Après bien des déboires, son parti politique avait enfin réussi à émerger des profondeurs obscures de la clandestinité. Sa reconnaissance officielle par le Gouvernement de Démôn 8 avait fait de lui l’un des douze partis autorisés à présenter des candidats aux élections. Config Siz avait donc posé sa candidature au poste de Grand Premier, pour remplacer celui qui venait d’être assassiné.

Elle alluma l’écransparan pour suivre en direct, district par district, les résultats du vote. En voyant les chiffres des premières estimations, elle ne put s’empêcher d’émettre un petit ricanement méprisant. Janpol, qui avait rejoint le PPP, n’était en tête qu’à Grôboi. Les deux districts marjinos avaient voté, à une écrasante majorité, pour le candidat du PLEF. Voilà qui était beaucoup plus inquiétant et qui compliquait la tâche. Luk Lutéroi, un progressiste du PLEF que le FDN n’avait pas encore eu la possibilité de réduire au silence, était donc un redoutable concurrent, susceptible de l’emporter à l’arrachée… Les autres candidats des partis de l’ombre n’avaient pas la moindre chance d’être élus et ne servaient qu’à faire de la figuration.

Après que le réseau de vote eut fermé, deux heures supplémentaires s’écoulèrent, durant lesquelles Cossmôs diffusa une série de publicités. Le chant patriotique fut joué, puis le silence se fit.
- Et voici maintenant le résultat de vos votes ! proclama soudain la voix off d’un présentateur invisible, sur fond de roulement de tambour. VOUS avez cliqué, VOUS avez voté, VOUS avez décidé ! Cette année, vous avez plébiscité… le nouveau Grand Premier ! Très bonne soirée sur Cossmôs Majorité !

Le visage du nouvel élu fut très progressivement révélé à l’écran, comme si les responsables de la chaîne essayaient de maintenir le suspense jusqu’à la dernière seconde. Lorsqu’elle le reconnut, Fummaz bondit de son siège en poussant un hurlement de joie. Config, nouveau venu sur la scène politique, venait de l’emporter avec 99 % des voix ! Le FDN avait triomphé ! C’était le début d’une longue aventure… Il y avait fort à parier qu’il serait un jour élu Empereur. Et ce vieux fou était célibataire, gloussa-t-elle… Si elle s’y prenait bien avec lui, elle pourrait devenir la Première Dame du Monde ! Elle alluma son ordicéfal et envoya à son futur époux une ondexpress pour le féliciter. « Un immense bravo, cher Config, pour tes performances exceptionnelles et ton éclatante réussite ! Je suis fière de toi. Le FDN tout entier est fier de toi. Mille bisous de ta petite Fummaz. ». Elle attendit la réponse qui tomba, comme un couperet : « Je vous remercie, chère Citoyenne. Le combat fut rude, mais j’ai vaincu ! Je ne manquerai pas de venir vous rendre une visite de courtoisie dès que mon emploi du temps, qui sera à l’avenir fort chargé, me rendra la chose possible. Cordialement, Siz. »

Fummaz reçut cette onde comme une gifle en pleine figure. Alors comme ça, maintenant que Môssieur était élu, elle ne représentait plus rien à ses yeux aveuglés par l’orgueil et la vanité ! L’ingrat se croyait même autorisé à lui parler avec condescendance, en l’appelant « Citoyenne », comme il l’eut fait avec une illustre inconnue ! Ce qu’il venait de faire, il allait le regretter…





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- Damian, est-ce que le temps est le même partout, ou alors il y a un découpage de l’espace en fuseaux horaires, comme sur Térra ?
- Tu poses beaucoup de questions.
- Pardon.
- Ne t’excuse pas, c’est très bien, au contraire. Malheureusement, je n’ai pas les réponses à tes questions.
- À Cossmôs, ils vont se demander où tu es passé. 
- M’en fiche. Je suis parti sans laisser de traces. Je ne supportais plus de travailler dans cette sale boîte !
- Pourquoi ?
- Parce que Cossmôs me demande de mentir dans mes reportages, comme lorsque j’ai dû annoncer que le chanteur Rémi Façol est mort.
- Quoi ?? Il est pas mort ?
- Non, il est vivant, et bien vivant.
- Alors pourquoi avoir annoncé sur les ondes qu’il était mort ? Quel intérêt de faire ça ?
- L’intérêt, Verso, si toutefois on peut penser qu’il y a un intérêt à le faire, c’est de faire croire aux gens qu’ils avaient mal compris, que leur mémoire n’est pas fiable, et finalement, qu’ils sont à moitié cinglés. Cela sert à manipuler les gens afin qu’ils ne sachent plus discerner le vrai du faux, et qu’ils n’osent plus se fier à leur propre jugement, ni faire confiance à leur mémoire. Sais-tu ce que le mot « manipuler » signifie ?
- Oui, c’est comme par exemple quand ma garante elle me dit tout le temps que les Spécimèns sont inférieurs aux Numins, et que ce sont des gens méchants et complètement bêtes. Elle croit que c’est la vérité et elle refuse de changer d’avis. Elle pense ça parce que c’est ce qu’elle entend toute la journée, et elle veut que je pense la même chose qu’elle.
- C’est exactement ça ! Tu as bien compris.
- Oui. Elle dit souvent qu’ils sont stupides parce que leurs doigts sont plus longs que les nôtres. Elle dit que c’est mal.
- Il n’y a rien de mal à avoir les doigts plus longs, c’est juste un prétexte. Tu as très bien compris comment le Gouvernement cherche à embrouiller les esprits des gens en les manipulant. Ils ne veulent pas que les gens réfléchissent, ni qu’ils prennent leur destin en main. Les gens ont tendance à avoir la mémoire courte, et on les encourage sournoisement dans cette voie. Et quand on a la mémoire courte, on oublie vite le passé, et l’on reproduit alors à l’identique les mêmes erreurs. Le philosophe Zumel Sumag, qui est mort en prison l’année dernière, appelait ça la « carbone memory ».



Note de l’auteur.

J’ai commencé l’écriture de ce roman en jetant en vrac quelques idées sur le papier, comme beaucoup d’autres auteurs, j’imagine. Un nom de personnage m’est venu, puis une ville, puis d’autres personnages, puis petit à petit, le déroulement de l’histoire elle-même. Je n’ai pas fait de plan, je n’ai pas écrit de « scénario » préalable, je me suis juste lancée, changeant parfois un peu de direction, bifurquant par ci, aiguillant l’histoire de ce côté-là… Je ne voulais pas avoir l’impression de faire un travail scolaire, et encore moins de décider de tout à l’avance. J’admire les auteurs qui connaissent déjà la fin de leur roman avant même de l’avoir commencé. Je ne savais pas comment se terminerait le roman. Je l’ai su lorsqu’il s’est terminé. Mes personnages m’ont parfois surprise moi-même, je me suis parfois beaucoup amusée à écrire les dialogues souvent complètement déjantés entre Roni Rommsleg et son épouse, et il m’arrivait d’avoir le sentiment que je leur faisais faire et dire des choses qui m’échappaient un peu. Je ne faisais que faire vivre sur le papier des gens qui existaient déjà dans mon esprit, avec leur personnalité bien marquée, leur vécu, leur passé. Ecrire ce roman a été pour moi une vraie aventure. 


Je ne peux parler que des sujets qui me tiennent à cœur, ceux pour lesquels j’ai envie de me battre, à ma façon et à mon niveau. Le thème général de ce roman s’est donc imposé de lui-même. 


Je serai vraiment très heureuse si je reçois des commentaires à ce roman, bons ou mauvais, cela va de soi. Les bons me feront plaisir, les mauvais me feront un peu de peine évidemment, mais au moins j’aurai de quoi méditer pour m’améliorer en vue de l’écriture du deuxième. 


Je vais donc de ce pas chercher mon petit calepin, pour commencer à jeter, en vrac, quelques idées sur le papier…





Pour lire le format epub, si vous n'avez pas de liseuse (c'est mon cas) et souhaitez le faire depuis votre ordinateur, vous pouvez télécharger Calibre ouAdobe Digital Editions. C'est totalement gratuit évidemment. 


Si vous avez un Kindle, vous pouvez très facilement convertir les formats epub en format Kindle.

Rendez-vous ici pour le mode d’emploi avec l’excellent logiciel gratuit Calibre :
http://davidbosman.fr/blog/2011/10/14/comment-lire-des-epubs-sur-le-kindle-et-ou-trouver-des-ebooks-en-francais-sans-drm/


Ps : il n'est pas impossible que je publie à l'avenir ce roman sur version Kindle, mais pour l'instant, ce n'est pas le cas.