Une pensée pour Théo

Cet article a été rédigé le 10 février 2017 et ne prend pas en compte les développements ultérieurs de l'affaire.

Tout le monde sait à peu près ce qu'il s'est passé, les gens ont tellement jasé sur le sujet : un jeune homme interpellé par la police lors d'une interpellation certainement très musclée, et qui termine avec une blessure si grave qu'il doit être envoyé à l'hôpital pour se faire opérer. J'ai appris les faits mercredi (c'est à dire il y a deux jours, puisque nous sommes vendredi), plusieurs jours après qu'ils aient eu lieu. 

Au delà de l'extrême gravité des faits, j'ai été épouvantée de voir que pour nombre de gens, ce qui importait était surtout de savoir si le policier l'avait fait exprès ou pas. Il y avait vraiment des messages scabreux, voire à la limite de la décence. Beaucoup de personnes cherchaient à excuser les policiers en essayant de prouver (sur la base de quoi, on se le demande. Sont-ils enquêteurs ?) qu'ils ne l'avaient pas fait exprès. 

Autrement dit, ils s'en fichaient comme de leur première chaussette que le jeune homme soit bel et bien à l'hôpital, blessé et traumatisé. Ainsi, si le policier ne l'avait pas fait exprès, tout allait bien, la police n'avait fait que son travail, alors de quoi le jeune homme se plaignait-il ? 
De toute façon, pour certaines personnes, Théo ne pouvait être sincère : le seul fait que le jeune homme vive dans le "neuf cube" (et sans doute qu'il soit noir, mais ça personne ne le dit ouvertement, il y a toujours cette hypocrisie du "moi chui pas raciste, c'est les autres") le rendait suspect. Un jeune Noir du 93, y'a forcément kekchoz de louche là dessous.

J'ai rapidement parcouru quelques articles écrits à la va-vite, pour exprimer l'émotion et l'indignation ressenties (ce qui en soi n'est pas condamnable, évidemment. On comprend parfaitement bien que des gens aient souhaité exprimer leur solidarité "à chaud"). Le problème, c'est que les auteurs de ces articles se substituaient aux enquêteurs en condamnant par principe la police. Théo avait été violé par la matraque d'un policier, cela ne pouvait faire aucun doute.

Et là où le problème est encore plus grave, c'est que tout ce beau monde, y compris les auteurs des articles que j'ai lus, ne semblait choqué que par le fait même que Théo ait subi un viol, pas du tout par le fait qu'au delà du caractère intentionnel ou non de l'acte, il ait bel et bien été envoyé à l'hosto. Je sais, je me répète. Ben comme ça, ce sera encore plus clair.

Bref, comme je l'ai dis plus haut, tout ce qui intéressait les gens, c'était de savoir si le policier l'avait, oui ou non, fait exprès.

Des interpellations très musclées, voire trop musclées, il y en a tous les jours en France, j'imagine, et personne ne semble s'en émouvoir. Ca ne dérange visiblement personne. Ca ne dérange personne non plus que les gens subissent des contrôles au faciès. On ne voit pas beaucoup d'articles s'indignant du fait que si on est "issu de l'immigration" Sub-Saharienne et Nord Africaine, on a beaucoup plus de chances (je ne connais pas les statistiques exactes) de se faire contrôler dans la rue que si on n'appartient pas à ces deux communautés. 

Je ne suis pas complètement idiote et je sais bien que les policiers ne font pas un travail facile, c'est même un travail très, très éprouvant. Il est un fait désormais avéré qu'ils ne peuvent plus se rendre dans certains endroits sans se trouver confronté à un charmant comité d'accueil qui leur balance des pierres, des cocktails molotov ou je ne sais quoi. Ce n'est pas normal du tout et je le sais bien.

Maintenant, la façon dont moi je vois la situation (je ne dis pas que ce que je vais exposer est entièrement juste, que c'est la vérité vraie, mais mes observations m'ont conduite à penser cela), c'est que : 

- d'un côté des mecs de banlieue (puique c'est d'eux dont il s'agit) qui pêtent un plomb, un vrai, tellement ils en ont ras le bol de se faire contrôler dès qu'ils osent montrer leur nez hors de chez eux, qui en ont marre de voir que certains policiers ne leur parlent pas toujours avec le même respect que lorsqu'ils s'adressent à une population de quartiers favorisés, certains policiers étant même franchement, et ouvertement, racistes, qui en ont marre de se voir répondre "Ooohhh ! Je suis teeeellement désolé, le poste est déjà pourvu" quand ils cherchent du boulot et donnent leur nom à consonnance Arabe ou Africaine, (si, si, la discrimination existe bel et bien, même si on refuse de l'admettre), qui en ont ras le bol de voir certains "Français de souche" comme on dit maintenant, ou appelez les comme vous voudrez, les regarder de travers dans le métro, la rue, les lieux publics, surtout s'ils sont plusieurs (tout de suite, les gens de la non-banlieue pensent : "voilà une bande de racailles"), leur lancer des regards froids, voire haineux, ou des regards appeurés (du genre "je planque mon sac à main" dès que j'en vois un à l'horizon), d'entendre les blagues débiles et franchement limites qui sont régulièrement faites sur les Noirs et les Arabes (et je serais prête à parier que s'ils ne rigolent pas, on a ensuite le culot de leur reprocher leur manque de "sens de l'humour"...), qui parfois se font même insulter, carrément, voire taper dessus, ça arrive, et qui en ont certainement ras le bol aussi de voir que quoi qu'ils fassent, ils ne seront de toute façon jamais considérés comme des Français à part entière. 
Eh bien tout ça, toute cette haine, tout ce rejet au quotidien (et en augmentation !) auquels ils doivent s'habituer, faute de mieux, et avec lesquels ils doivent apprendre à vivre, ça encourage le communautarisme (du genre : on est mieux si on reste entre nous) et ça peut aussi te démolir psychologiquement un gamin. Ou le rendre agressif et haineux. Au choix. 
Essayons de nous imaginer deux minutes devoir affronter, chaque jour, sans exception, des regards haineux ou glacials dans la rue, dans le métro, dans les magasins (celui là, c'est forcément un voleur...), vu qu'il y a tellement de monde dans les rues que ce serait presque miraculeux qu'il n'y ait pas au moins une ou deux personnes pour les regarder de travers dans le courant de la journée... A la fin, on serait pareils, on se dirait : "Mais quoi à la fin ?? qu'est-ce que j'ai fait ? J'ai rien fait, alors pourquoi il me regarde comme ça, celui la ??"
On parle, pour eux, d' "intégration", alors qu'ils sont forcément intégrés d'office, puisqu'ils sont nés en France, sont Français, et n'ont jamais été des émigrés !! 
Un jour, mon mari (mais il ne l'était pas encore à l'époque) et moi nous nous baladions dans Paris, et une femme noire qui avait l'air de chercher son chemin essaye d'arrêter un passant blanc pour lui demander un renseignement. Le mec la regarde de travers, vraiment un regard plein de haine et de mépris, puis il passe son chemin sans même chercher à savoir ce qu'elle veut. La femme avait l'air sous le choc. Evidemment on est allés la voir tout de suite. Bien sûr, on ne peut pas prouver que l'attitude du type était liée au fait que la femme était d'origine africaine, il est peut être comme ça avec tout le monde, mais il ne faut pas non plus être complètement naïf, de mauvaise foi, ou mettre la tête dans le sable. Ce n'est qu'un exemple, j'en aurais des milliers à raconter (mais après on va encore me dire que mes articles sont trop longs).
Ajoutez à cela la difficulté accrue pour les mecs du "neuf trois" de trouver du travail... Le risque est alors élevé, très élevé, de voir ces gosses choisir la mauvaise voie : traffic de drogue (ça rapporte tellement de fric), crime... 
Je cherche à expliquer les racines du problème, je ne cherche évidemment pas à trouver des excuses aux personnes qui décident (car on a toujours le choix de ne pas le faire) de dealer de la drogue ou de commettre des crimes.
Heureusement qu'ils restent très minoritaires, ceux qui, dans leur vie, décident de prendre le mauvais chemin, mais il suffit d'un groupe de délinquants bien organisés pour emm... tous les autres habitants d'un quartier. 
Le problème, donc, c'est que puisque rien n'a été fait en amont, à savoir ne faire subir à personne une vie de discrimination, de rejet, voire de haine, à partir du moment où certains de ces gamins ont choisi la voie de la délinquance, parce que c'était plus facile pour eux et parce que de toute façon ils ne croyaient plus en leurs chances, il faut bien faire quelque chose !

- De l'autre, du coup, des policiers dont le métier, tout à fait louable et honorable, est de faire respecter l'ordre et la loi (sinon on vit en anarchie), de combattre les crimes, les traffics de drogue, et d'assurer la sécurité de tout le monde. 
Un métier extrêmement difficile, dangereux, qui met ces gens en uniforme au contact de la violence, parfois d'une violence extrême, et où parfois, lorsqu'ils sont en intervention, ils risquent même leur vie. Et personne ou presque ne les plaint. Alors que franchement, on devrait, eux aussi, les plaindre. On oublie souvent qu'au delà de leur uniforme, ils sont comme tout le monde, ils ont des familles, des gosses à élever, peut-être aussi des fins de mois difficiles...
Mettons nous deux minutes à leur place. Ces mecs, leur quotidien, c'est aussi de se recevoir des flots de haine, de se faire insulter, cracher dessus. Je suppose que leur quotidien si difficile ne les encourage pas à la compassion envers les personnes qu'ils arrêtent, ou qu'ils cherchent à arrêter. Ils voient un mec dans la rue, décident (pour une raison ou une autre, bonne ou mauvaise) de contrôler son identité, mais ils ne savent pas à l'avance si ce mec est un délinquant ou une personne normale. Ils ne savent pas comment ça va se passer, et peut-être ressentent-ils une certaine appréhension ? J'espère pour eux que non, sinon il faudrait tout de même qu'ils envisagent de faire un autre métier. Ce métier, qu'on ne viennent pas me dire qu'ils s'y sont engagés sans savoir ce qui les attendait. Mais ils s'y engagent souvent par idéal, parce qu'ils ont vraiment à coeur de protéger les gens, et c'est tout à fait respectable.
Lorsqu'ils poursuivent deux gars qui ont volé une voiture et que, je sais pas, les mecs qui ont volé la voiture ont un accident de la circulation (forcément, ils devaient rouler trop vite pour leur échapper), et meurent (ou pas), c'est les policiers qu'on blâme désormais ! Euh... on vous a jamais expliqué, lorsque vous étiez petits, que ça ne se faisait pas, mais alors pas du tout, de voler une voiture ? Que c'était un délit ? Excusez moi, mais les mecs en question, s'ils n'avaient pas volé cette voiture, ils n'auraient pas été pourchassés par la police, donc ils n'auraient pas eu cet accident. C'est aussi simple que ça. 

Tout ça fait au final que je pense sincèrement qu'il y a du pêtage de plomb des deux côtés. D'un côté comme de l'autre, on accumule tellement de frustration, de rancoeur, voire de haine, qu'on finit par pêter un câble. C'est devenu un cercle vicieux. 

Les flics, dont les armes sont parfois plus petites que celles des délinquants, sont bien obligés de se défendre s'ils se sentent en danger, d'essayer de se faire respecter, Je pense même que certains policiers sont devenus haineux. Certains l'ont peut être toujours été. Alors, dans le feu de l'action, si je peux dire, le coup part, l'insulte est lancée, on se met à tirer sur une personne désarmée parce qu'on est devenu haineux ou qu'on a tellement peur pour sa vie qu'on ne se contrôle plus... 
Ajoutez à cela les conditions de travail de plus en plus difficiles pour la police, si l'on en croit les journaux, selon l'expression consacrée, et sans doute la paye ridiculement basse par rapport aux risques qu'ils prennent... bref, la bavure n'est pas loin, et la reconversion serait des plus souhaitables...

- Et finalement, une société dans son ensemble qui voit les choses par le petit bout de la lorgnette, et qui ne cherche pas à analyser en profondeur la situation, afin de lui trouver des solutions.

Donc, d'un côté des mecs "issus de l'immigration" qui se réfugient dans le communautarisme et rendent le rejet dont ils ont été victimes, parce qu'ils en ont ras le bol qu'on les considère comme "pas des vrais Français", qui ne sont pas traités avec le respect auquel ils ont droit, qui sont considérés d'emblée comme suspects par la police (et ils ont raison d'en avoir ras le bol), et de l'autre des policiers qui en ont ras le bol que la police ne soit plus respectée par certains, qu'on les prennent un petit peu trop souvent pour des cons, excusez le terme, et qui en ont marre d'en être au point où ils mettent désormais leur vie en danger lors de leurs interventions (et ils ont raison d'en avoir ras le bol).

Bon, maintenant, on fait quoi pour changer tout ça ? Je crois que le malaise est tellement profond que ça ne va pas être de la tarte pour changer les choses. Mais il faut essayer. Chacun a une part de responsabilité. 

La société dans son ensemble devrait déjà accepter de reconnaître que les immigrés, ou personnes appelées (jusqu'à la fin de leur vie, visiblement) "issues de l'immigration" n'ont jamais été accueillis chaleureusement en France, qu'ils n'étaient pas les bienvenus, qu'ils ont subi, et subissent encore, beaucoup de racisme, qu'ils ont été, et sont encore, discriminés, et qu'ils ne sont pas toujours traités avec le respect auquel tout être humain a droit. Déjà, le seul fait de le reconnaître, une bonne fois pour toutes, fera avancer les choses. 

Exemple : je discutais il y a trois ou quatre ans, à Paris, avec une femme qui tient (ou tenait, sais pas) un magasin, et qui me dit qu'elle en voulait à Giscard d'avoir autorisé le regroupement familial. Autrement dit, sans regroupement familial, le mec, il voit jamais sa femme, ni ses gosses, et les enfants sont séparés de leur papa. Si elle trouve ça humain, pas moi. Elle n'accepterait jamais ça pour ses propres enfants, alors pourquoi est-ce qu'elle trouve ça normal quand il s'agit d'un immigré ??

Pour en revenir à la police, il leur faudrait peut-être de meilleurs formations, y compris des formations à la relation policier-citoyen, sans doute aussi un salaire plus en rapport avec les risques qu'ils prennent, et puis il faudrait aussi qu'ils aient la possibilité de maîtriser un mec, aussi baraqué soit-il, sans être "obligés" de lui taper dessus et l'envoyer direct à l'hosto ! 

Et pour en revenir à Théo, admettons maintenant que le policier ne l'ait pas fait exprès et que ce soit un accident. Théo aurait donc cru que le geste avait été intentionnel. Faut-il pour autant le clouer au pilori comme je l'ai lu ici et là ? J'ai parcouru (très rapidement) twitter et j'ai lu des trucs vraiment ignobles à son sujet sous certains hashtags. 
Si le policier ne l'a pas fait exprès, est-ce pour autant normal qu'une interpellation soit si musclée, ou si violente, que la personne interpellée soit gravement blessée et doive subir des opérations chirurgicales ? N'est-il pas possible que la police française contrôle les gens de façon un peu plus calme, en évitant toute forme de violence ? Peut-être suis-je naïve, et c'est impossible avec certaines personnes, mais je suis sûre que la violence n'est pas nécessaire avec tout le monde.

C'est un truc typique en France de contrôler les gens. Même si on sait que le délit de faciès est souvent appliqué, théoriquement, tout citoyen, quelque soit sa couleur de peau, son origine... peut être contrôlé, et à n'importe quel moment. C'est pas agréable, ça ne contribue pas à instaurer un climat de confiance entre policiers et citoyens sans uniformes, mais malheureusement c'est comme ça. Alors les gens qui ont fait remarquer, sur Internet, que lorsqu'on subit un contrôle d'identité, on montre ses papiers sans protester, on dit "oui monsieur l'agent", "bien monsieur l'agent", n'ont pas tout à fait tord non plus...

Si le policier l'a réellement fait exprès, alors ça signifie, déjà, qu'il est complètement dingue, et que la police des polices s'est plantée dans son verdict, mais en plus ça signifie qu'à cause de cette erreur de jugement, Théo n'obtiendra jamais complètement justice, même si les policiers sont condamnés à quelque chose, et ça c'est très, très grave aussi. 

Quelque soit le caractère volontaire ou non de la blessure qu'a subie Théo, le fait même que ce jeune homme ait été envoyé à l'hôpital en sang, et qu'il ait dû subir des opérations chirurgicales, à la suite de ce qui aurait dû être un "simple" contrôle d'identité (mais combien en subit-il chaque mois ?) est totalement anormal et mérite d'être très sévèrement sanctionné. 

Je ne m'étendrai pas sur les horreurs que j'ai lues à son sujet sur Internet en général ou les réseaux sociaux en particulier. Je les ai évoquées plus haut. Ce qu'on peut y lire est absolument immonde de racisme et de crétinisme.

Je vais finir par croire, si ça continue comme ça, qu'il faudrait malgré tout un minimum de surveillance et de régulation de ce qui se dit (et de qui le dit) sur les réseaux sociaux et Internet en général, parce que laisser s'exprimer ainsi, ouvertement, sans aucun complexe, une telle haine, une telle ironie, mais aussi, aussi incroyable que cela puisse paraître, tant de moquerie, concernant un jeune homme qui va peut être conserver des séquelles à vie de ses blessures, et sans doute aussi un profond traumatisme psychologique, c'est aussi criminel que les actes que les délinquants, quels qu'ils soient et d'où qu'ils soient, peuvent commettre, et qui sont, eux, réprimés par la loi.

Je croyais que le racisme et les appels à la haine étaient des délits ? Alors pourquoi laisse-t-on faire ceux qui commettent ces graves délits ? Et pendant ce temps là on va aller demander, du matin au soir, à des mecs (qui, pour certains, ont bel et bien commis des délits, mais qui, pour d'autres, n'ont rien fait du tout) de présenter leurs papiers, sur la seule base de leur couleur de peau ou leur origine. 

Je ne comprends pas qu'au nom de la liberté d'expression, on tolère sur Internet de tels appels à la haine. On a complètement renversé les valeurs de la société en faisant cela. Pouvoir cracher sa haine en toute liberté et impunité est devenu plus important aux yeux de la société que le bon sens de vouloir traiter chaque personne avec respect, afin que nous puissions continuer (mais pour combien de temps encore...) à vivre ensemble dans les meilleures conditions possibles. 

Au nom de quoi sommes nous, tous, obligés de subir un Internet où règne désormais la haine, le racisme... ?

Si on ne change pas cet état de choses de toute urgence, ça ne présage malheureusement rien de bon pour l'avenir... 

J'ai donc une pensée très émue et très chaleureuse pour Théo, et j'espère du fond du coeur son prompt rétablissement. J'ai également une pensée pour sa famille, et sa soeur que j'ai vue sur TV5 et qui visiblement retenait courageusement son émotion. Je l'ai trouvée très forte (sans parler de la dignité dont Théo a fait preuve). Ce n'est pas facile de rester forte dans de telles circonstances. Mais peut-être n'a-t-elle tout simplement pas le choix...