"London Is the Place For Me..."

"London Is the Place For Me..." J'aime bien écouter cette jolie chanson, qui est chantée dans "Paddington", le film très marrant de Paul King, mais si j'aime beaucoup Londres, je suis bien contente qu'on n'y vive pas car je préfère, et de loin, le calme de la petite ville dans laquelle je me trouve. Londres est une ville super, mais tout de même une ville bruyante et agitée, dans le centre du moins car dès qu'on s'éloigne un peu ça va beaucoup mieux. 







De plus, je ne sais jamais vraiment où s'arrête Londres. Cette ville me semble tentaculaire. Pour beaucoup de gens, Londres s'arrête lorsqu'on franchit la M25. Il y a en effet une autoroute (M = motorway) qui en fait le tour, et apparemment ça fonctionne un peu dans les esprits comme le périf parisien : si on est à l'intérieur, on est à Londres, si on est à l'extérieur, on n'est plus à Londres. Sauf que le périf ne fait plus vraiment office de frontière de Paris puisqu'on parle désormais du grand Paris comme on parle du grand Londres. J'aime bien l'idée du grand Paris, parce que j'aime les villes qui se développent, dans le sens où elles améliorent leur infrastructures, se modernisent, regardent vers l'avenir (c'est d'ailleurs pour cela que je suis aussi passionnée par l'histoire de La Défense, bien qu'elle se soit faite sur le dos de pas mal d'habitants expulsés -mais relogés quand même...- et que pour la même raison, je suis passionnée par l'histoire de la construction du parc de La Villette et la Cité des Sciences) mais pour moi, Paris restera malgré tout la ville intra-muros, intra-périf. 

On peut faire une heure de métro, et rester malgré tout à Londres. Heureusement qu'il y a des parcs pour aérer un peu tout ça, car Londres (comme toutes les très grandes métropoles d'ici et d'ailleurs, d'ailleurs) a un côté un peu étouffant. 

Cependant, à l'heure où Paris la Magnifique semble traverser une période assez difficile avec, entre autres, toutes ces manifestations qui dégénèrent, une période que j'espère pas morose ni triste quand même, je pense que les Parisiens ne devraient pas hésiter à s'offrir de temps en temps un week-end à Londres. Ce n'est pas si cher qu'on le croit, il suffit de ne pas avoir des goûts de luxe et se contenter d'un hébergement excentré, simple, mais sympa. Les Français ne seront d'ailleurs pas trop dépaysés à Londres, car on y entend parler français à tous les coins de rue. On entend d'ailleurs à Londres toutes les langues du monde, peut-être plus encore qu'à Paris, et c'est génial. J'adore les atmosphères cosmopolites, et ce n'est pas la première fois que je le dis et le répète. Le cosmopolitisme est une richesse inestimable. Je ne sais pas si tous ces gens sont des touristes de passage, des étudiants ou des résidents londoniens, ou comme moi des résidents d'autres villes britanniques venus passer un week end à Londres, mais j'adore prendre l'Underground londonien ou me balader dans la rue et entendre de l'Espagnol, du Portugais, du Français, de l'Arabe, des langues d'Afrique sub-saharienne que je ne reconnais malheureusement pas (je reconnais le Wolof, le Bambara ou alors est-ce du Malinké, le Lingala à peu près, et je crois bien que c'est tout), le Chinois mandarin, le Chinois cantonnais, le Vietnamien, le Russe, le Japonais... et tant d'autres langues ! J'adore les lieux où le monde entier s'est donné rendez vous.
On entend aussi beaucoup d'accents lorsque les gens parlent anglais, et ça aussi j'adore. 

Nous voilà donc en route pour un week-end à Londres, le 18 et 19 juin 2016. Trois thèmes pour ce week end : les sciences, la brocante, et le monde de l'enfance. 

Notre petit train provincial est un peu vide, en ce vendredi après midi...



Un objectif, pour commencer, retourner au musée des sciences samedi matin. Ca faisait un bout de temps qu'on voulait y retourner sans en avoir jusque là eu l'occasion. Ce n'est tout de même pas anodin de devoir prendre le train pour aller visiter ses musées préférés. Je recommande vraiment la visite de ce musée. Impossible de le visiter en entier en une seule journée, bien sûr, ni même en deux jours, ni même en trois. Ca dépend si vous êtes du genre à vouloir lire absolument tous les panneaux explicatifs et les étiquettes informatives, mais même sans cela, c'est tellement grand et il y a tellement de choses à voir qu'il vaut mieux se concentrer sur une seule section et la faire à fond, puis faire le projet de revenir un autre jour pour voir autre chose. 

J'adore aller au musée, c'est un truc auquel on m'a habituée depuis toute petite. Mon père m'emmenait régulièrement au Musée du Louvre, et j'y admirais les tableaux, sans toutefois les comprendre tous, assise sur ses épaules. Les tableaux sont rarement placés à la hauteur des enfants... Il y avait un tableau qui me fascinait, et que je demandais systématiquement à voir, mais je serais bien incapable aujourd'hui de dire duquel il s'agissait. 

Je regrette seulement, dans tous les musées ou presque, l'absence d'un certain fil conducteur. Ce n'est pas trop gênant lorsqu'il s'agit de tableaux à voir de façon individuelle, mais pour un musée comme le musée des sciences, ça peut le devenir. On entre dans une salle, on voit de nombreux panneaux, de nombreuses vitrines contenant des objets, et l'on se demande alors par où commencer. L'ordre chronologique n'est pas assez évident je trouve. C'est pour cela que l'on voit des gens déambuler dans les salles, l'air de ne pas trop savoir quoi aller voir en priorité, vers où se diriger, comme s'ils n'avaient pas de but précis, ou l'air carrément crevés et pressés de sortir. 
Je trouve que certains musées (et je ne suis pas en train de critiquer les musées britanniques, c'est partout pareil) sont trop peu pédagogiques. On y expose des objets, on explique bien sûr ce que sont ces objets, on les nomme, mais il n'y a pas de parcours logique à suivre. Chaque vitrine a bien sûr un lien avec celle d'à côté, mais ce lien n'est pas suffisamment clair. Et lorsqu'on veut rendre un musée pédagogique, on tombe dans le panneau, si je peux dire, de le présenter comme une exposition à l'attention des seuls enfants.

Pourquoi ne pas numéroter les vitrines, par exemple, afin de suivre un ordre précis de visite, et mettre des panneaux résumant ce qu'on a vu dans la vitrine précédente, puis au bout de la vitrine un second panneau annonçant, en bref, ce qu'on va voir dans la suivante ? Pourquoi ne pas introduire un système de "niveaux" de visite, avec des étiquettes et des panneaux placés plus bas pour être à la hauteur des enfants (comment voulez vous qu'un gamin s'intéresse à une visite quand les panneaux sont placés trop hauts pour qu'il puisse les lire ?), et donnant moins d'informations, où des infos simplifiées, adaptées à son âge, ou plus axées sur des anecdotes, puis juste au dessus un second panneau pour adultes disons... pressés, donnant plus de détails mais en résumé, et enfin un troisième panneau à côté, qu'on pourrait appeler par exemple "pour aller plus loin" et qui, cette fois, entrerait vraiment au coeur du sujet avec de nombreux détails, même très techniques ? Chacun pourrait ainsi choisir le style de visite qu'il souhaite effectuer. 

Bienvenue donc au Science Museum de Londres. Entrez...



Le musée des sciences n'est plus vraiment gratuit car si, autrefois, on ne demandait au visiteur que d'avoir la bonne volonté de jeter une ou deux pieces dans un tronc placé sur le côté, désormais, il faut franchir une barrière avec des hôtesses d'accueil qui vous regarderont très certainement de travers si vous ne faites pas une petite donation. La donation "conseillée" est de £5. Difficile de ne pas se sentir coupables si l'on donne moins, alors on donne nos £10. Ce n'est pas que nous trouvons cela hors de prix, et puis ce musée en vaut largement la peine, mais c'est la façon dont c'est fait que je n'aime pas. Soit c'est gratuit, soit c'est payant. Mais jouer ainsi sur la culpabilité pour forcer les gens à donner... en plus je trouve ça injuste pour les gens qui ont vraiment peu de moyens et qui se sentent obligés de donner plus qu'ils ne le peuvent, afin de ne pas risquer de passer pour des radins.

Ce week-end, on a décidé de se concentrer sur l'histoire de l'information et la communication. La dernière fois, on avait exploré la section sur l'espace, juste à l'entrée. 
A peine dans le musée, un attroupement attire notre attention. Des télévisions ont été installées pour permettre aux gens de vivre en direct le retour sur Terre de Tim Peake. L'astronaute britannique Helen Sharman est présente sur le stand pour animer l'événement et répondre aux questions du public. Les gamins, comme les adultes, posent plein de questions, et l'astronaute y répond avec beaucoup de gentillesse. 

Dans la section information, nous apprenons plein de choses intéressantes sur la télégraphie et le code morse, la radio... et allez savoir pourquoi, je suis passionnée par l'histoire des téléphones, alors je me suis régalée en voyant tous ces vieux appareils téléphonique... dont le nôtre !

Notre phone, exposé au musée. On l'a trouvé dans une brocante, et il marche très bien. 
Il est en fait marron  plus clair. Je sais, ce n'est pas essentiel pour vous 
de savoir ça, mais pour moi c'était super important de vous le dire...  ;-)



Un Trim Phone. Ca fait un bout de temps que j'en cherche un
à un prix raisonnable et qui ne soit pas une imitation, 
mais quand ils sont adaptés et donc fonctionnent, ils partent
souvent à des prix exorbitants. Surtout dans la couleur que je veux avoir... 
Orange, bien sûr !



Un téléphone des années 70.



A la sortie, on saute dans un bus bondé. Le conducteur fait hurler sa radio dans le haut parleur. Ca me plait, c'est une radio, ou du moins une émission, qui diffuse uniquement de la musique des années soixante. Ca met tout le monde de bonne humeur et les gens ont le sourire aux lèvres. 

Nous voici arrivés à Picadilly Circus. Le lieu touristique par excellence, qui rappelle un peu, par la multiplicité de publicités sur les façades, Times Square à New York. 


Des militants pour les droits des animaux brandissent leurs pancartes pour attirer l'attention des passants.




On voit beaucoup de gens à Londres défendre leur cause dans la rue au moyen de pancartes diverses. Certains restent des heures sur place (je le sais car on est revenus à un endroit plusieurs heures après et le mec n'avait pas bougé d'un centimètre). On voit aussi beaucoup de gens écrire par terre ce qu'ils ont à dire.





Si je ne me trompe pas, le compte Facebook du Homeless Bard c'est celui qui se trouve ICI.

La protection des animaux, comme beaucoup d'autres causes, est une cause qui me touche beaucoup. Je n'aime pas les zoos ancienne génération (ceux qui offrent un espace suffisant aux animaux sont un peu mieux, mais rien ne vaut l'animal dans son milieu naturel), je n'aime pas les cirques qui se servent d'animaux, quand bien même seraient-ils nés au cirque et n'auraient-ils jamais rien connu d'autre (d'ailleurs, il y en a peu qui en ont en GB, et certaines villes, dont la nôtre, refusent d'autoriser ces cirques à s'installer pour donner leur spectacle) et je ne supporte pas la vivisection. Par contre, je ne suis pas végétarienne, enfin pas totalement. Je continue à manger de la volaille et du poisson. Par contre, pas de viande rouge pour moi. Je n'ai pas imposé cela à mon copain, mais je lui ai dis que s'il veut manger du boeuf, il doit le cuisiner lui même. Personnellement, je ne peux pas toucher à ce machin. Je ne peux même pas regarder. Rien que la vue de ces morceaux sanguinolents, ça me dégoûte. Au supermarché, je détourne les yeux quand on passe devant le rayon boucherie. Du coup, il ne mange jamais de boeuf, ha ha, seulement de temps en temps dans les "pies", si prisées des britanniques, comme par exemple la "Steak and ale pie". (Je ne vais pas jusqu'à refuser de mettre une pie au boeuf dans le four, quand même...)

Mais pour en revenir à nos moutons (qui sont aussi de la viande rouge) nous avons un autre objectif que Picadilly Circus : a quelques minutes de marche se trouve Heddon Street. C'est là que la photo de l'album Ziggy Stardust a été prise. 
J'ai un peu trop d'imagination : je m'attendais à une petite rue sombre et un peu triste, déserte, telle qu'elle apparait sur l'album, une rue avec peut-être même des chats errants qui fouillent dans les poubelles, enfin quelque chose qui ait de l'atmosphère comme dirait Arletty. Ce Londres existait, c'était celui des vieilles ruelles industrielles que j'avais connu au tout début des années 80, dont je garde un souvenir extraordinaire mais que, stupide que je suis, je n'ai même pas songé à photographier. 
J'ai été bien déçue par Heddon Street. La rue est entièrement rénovée et remplie de bars, de restaurants et de touristes. Elle est devenue sans âme. Une plaque, posée entre les numéros 21 et 23, au bout de la rue, marque l'endroit où la photo de l'album a été prise, ce qui aurait été amusant si rien n'avait changé, j'aurais pu faire la comparaison, mais on ne s'y sent pas. En face, une galerie met en vente aux enchères des photos de David Bowie. On y entre un instant, certes les photos sont belles, mais je ne suis pas le genre à me pâmer devant une photo de David Bowie. Heureusement que l'argent doit aller à une oeuvre de charité, sinon j'aurais trouvé ça indécent. On ressort.
Un haut parleur installé à la terrasse d'un restau diffuse en pleine rue "Sound and Vision". J'adore ce morceau, comme tout l'album "Low" d'ailleurs, mais ça m'agace de l'entendre dans ces conditions. Dans cette rue, David Bowie est exploité, à des fins touristiques, autant qu'il est possible de le faire. A ce rythme, ils vont rebaptiser la rue "David Bowie Street". Je me dis que, tant qu'à faire, ils pourraient diffuser un morceau issu de l'album Ziggy comme par exemple, je sais pas moi, Moonage Daydream.

Vous allez me dire, personne ne m'a forcée à vouloir me rendre à Heddon Street, mais ce n'était pas du tout ce que je pensais y voir. Je n'y allais pas pour m'extasier devant le fait que Bowie avait foulé de ses augustes pieds le sol de cette rue, bien sûr, j'y allais pour me plonger dans une certaine atmosphère que je croyais y trouver. Qu'est-ce que je peux être naïve, des fois !!







Pas vraiment de rapport avec la rue d'aujourd'hui...





Bon, il n'y a rien à voir, ici. On saute dans l'Underground. Dans un couloir de correspondance, un mec à l'allure un peu hippie joue un morceau de didgeridoo. A Londres, le week end, on dirait que c'est la fête de la musique partout et tout le temps. A moins que ce ne soit juste ce week end. 

Dans le bus, dans le métro, dans la rue, un concert gratuit sur une place du West End... il y a de la musique partout. Sans parler des spectacles de comédie musicale joués justement dans le West End, qui sont plus qu'excellents, et donc à voir absolument. Je recommande Les Miserables, évidemment, mais aussi Kinky Boots, à l'origine sur Broadway, qui est à hurler de rire. Et la salle ne s'en prive pas, n'oubliant pas à la fin de faire un veritable triomphe, une énorme standing ovation, à la troupe d'acteurs-chanteurs.

Normalement, je ne suis pas une fan du son du didgeridoo, mais là, j'adore ce qu'il joue. Il se sert en plus de certaines percussions en même temps, et le résultat, harmonieux et très rythmé, est joyeux et entraînant. On s'arrête un moment pour l'écouter, et je le filme même sur mon petit appareil photo. C'est dommage, le son sur cette vidéo est exécrable, on dirait du brouhaha plus qu'autre chose, donc je vais être sympa et je vous épargnerai ça. 



C'est très chouette, ce qu'il fait, et pourtant, peu de gens s'arrêtent pour l'écouter ou lui donner un peu d'argent. On lui met £2 dans son coussin. C'est peu, mais c'est mieux que rien. 

Je crois que les gens sont toujours pressés à Londres. En tout cas dans le centre. A part les touristes, je n'y ai jamais vu personne flâner tranquillement. Les gens n'ont pas l'air stressés à Londres, on ne voit jamais personne courir pour attraper son metro comme on le voit à Paris, par exemple, mais on sent qu'ils sont de passage, qu'ils ont un objectif à atteindre et qu'ils se hâtent dans sa direction. Le centre de Londres, c'est l'enfer ! Animé, joyeux, coloré, dynamique, tout ce que vous voulez, mais l'enfer. A Paris c'est un peu pareil dans certains quartiers, le boulevard Haussmann, par exemple, ne donne pas particulièrement l'impression d'être un lieu de flânerie. C'est pour ça que je n'y allais jamais, et que je n'y vais pas non plus quand je suis de retour à Paris. Trop de bruit, trop d'agitation, trop de voitures, trop de monde partout. Ce que j'aime, ce sont les petites rues calmes, les terrasses de cafés, les gens qui prennent leur temps, qui apprécient le moment présent. 

Bien que j'aime la modernité, les villes qui se développent, j'aime aussi les vieux quartiers. Ce qui reste du Londres industriel du 19ème siècle, le vieux Londres, le Londres brumeux, voilà ce qui m'intéresse. Je serais intéressée par la visite du quartier où Charlie Chaplin a passé son enfance, et qu'il relate si bien dans son autobiographie, mais si c'est devenu touristique comme Heddon Street, ou si tout bêtement tout a été reconstruit et rien n'a été conservé, ce n'est pas la peine qu'on se déplace. Je ne peux évidemment pas espérer que le quartier ait la même allure qu'à l'époque, il y a des gens qui y vivent et il vaut évidemment mieux pour eux qu'ils vivent dans un quartier rénové et pas dans ces endroits miséreux et parfois à la limite de l'insalubrité où Chaplin enfant a survécu plutôt que vécu. Cependant, parce que j'adore Charlie Chaplin, cela m'aurait touchée, ou me toucherait si on y va un jour, de visiter les lieux de son enfance. A suivre, peut être...

Il reste sûrement un peu partout plein de vieilles rues à Londres, comme à Paris, et ce sont ces rues chargées d'histoire que je recherche et que j'aime prendre en photo. On en a trouvé quelques unes.



L'espèce d'équerre servait à monter les charges dans les ateliers
dont on voit la porte d'entrée située en hauteur, au premier étage.



Nous sommes également tombés par hasard, au coin d'une rue, sur cet incroyable immeuble, recouvert et masqué par la façade de la construction qui l'a precédé. On dirait un décor de théâtre !








Autre chose que j'aimerais bien voir (en plus d'Abbey Road), mais là c'est lié à la fiction et non à la réalité, c'est l'immeuble où vit Hercule Poirot dans la formidable série TV avec David Suchet, cet acteur franchement exceptionnel. On sait où il se trouve, mais on n'a pas eu le temps d'y aller. Ce n'est pas une priorité, mais ce sera l'occasion de découvrir un quartier de Londres encore inconnu. 

Un petit saut en fin d'après midi au marché de Portobello road. On arrive un peu tard, certains stands remballent déjà. L'intérieur des galleries ainsi que le bout du marché sont plus intéressants. Il y a plus de bric-à-brac, plus de brocante, mais les prix sont exagérés. Que voulez-vous, on est à Portobello Road...
Dans une des galleries, on fait la connaissance d'un vieux Monsieur Grec, qui vit en GB depuis plus de trente ans (et n'a jamais perdu son accent), avec qui nous avons une conversation sur le referundum à venir dans quelques jours (c'est demain, en fait, à l'heure où j'écris ces lignes). Il est extrêmement inquiet de l'issu du vote pour l'avenir de l'Europe. Il pense que si nous sommes restés en paix si longtemps en Europe, c'est grâce à la construction européenne. Je suis entièrement d'accord avec lui. Il dit que les gens devraient relire les livres d'histoire, et que l'on est toujours plus forts ensemble. Il a tellement raison ! Les gens, en général, ont vraiment la mémoire courte, et c'est inquiétant. Ne voit-on pas déjà la remontée des partis politiques extrémistes un peu partout en Europe ? Ainsi qu'un regain d'intolérance, de racisme, de xénophobie, d'antisémitisme et d'islamophobie ? Je suis moi aussi inquiète pour l'avenir de notre continent. Je pense qu'un Brexit ne sera pas seulement néfaste pour l'économie de la GB (taxes douanières à payer sur tous les imports-exports, pour ne citer que ça) mais ce sera catastrophique pour l'avenir de l'Europe sur le long terme. 
Quand on voit les arguments qu'avancent les partisans du Brexit, c'est vraiment n'importe quoi ! Ils feraient bien en plus de ça de prendre un ou deux cours d'économie...

Nous sortons de la gallerie. C'est également à Portobello Road que se trouve Alice, le magasin de brocante qui apparait dans le film Paddington sous le nom de Gruber. Malheureusement il était fermé. Il faudra retourner voir "Mister Gruber" une autre fois...




Je n'ai rien acheté au marché de Portobello, à part un autre sac vintage de la compagnie aérienne BOAC, vu qu'il était bon marché et qu'en plus j'ai négocié le prix. Il est visible sur ce tableau Pinterest.

Dimanche matin, nous décidons de nous rendre au Children's Museum pour y voir les collections de jouets anciens. Nous adorons la brocante et les vieux jouets, et voir ces vieilles boîtes de jeux ou ces vieux "Teddy Bears" nous ravit. Je suis surprise par le bon état des boîtes de jeux. Quand on trouve ces jeux sur les marchés vintage, les boîtes sont souvent en mauvais état. Quand il ne manque pas des pièces au jeu lui même. Je ne connais pas tous ces jeux, car la plupart sont britanniques et je n'ai donc pas joué avec dans mon enfance, mais je reconnais le Spirograph avec lequel j'ai passé des heures à composer de jolis dessins. 














La poupée Sindy, apparue en 1963, est l'équivallent britannique de la poupée Barbie. Je n'ai pas manqué, bien sûr, de m'offusquer devant la Sindy d'aujourd'hui, devenue franchement vulgaire. Les jouets, surtout les jouets pour les fillettes, reflètent vraiment la société dans laquelle on vit, et ce qu'elle attend de la femme. Dans les années soixante et soixante dix, Sindy est une femme moderne, habillée et coiffée à la mode, pantalon et top simples, sans mauvais goût. Elle n'est pas là pour être sexy, mais semble être une femme émancipée, qui s'affirme dans la vie moderne.



Sindy années 60 et 70.


Dans les années 2000 (Sindy à droite, celle de gauche, qui est années 80 ou 90, je sais plus, ça va encore) Sindy a "évolué" vers un retour à la femme objet, la brainless bimbo dont le seul rôle dans la société semble consister à être sexy, girly et provocante. Poitrine aussi volumineuse que possible (mais Barbie, c'est pire), jupette ultra courte qui laissent voir deux allumettes en guise de jambes, couleurs flashis et fluos, avec bien sûr des tartines de rose bonbon... On imagine mal une femme allant travailler dans cet accoutrement.



Quelques tenues vintage de Sindy. La tenue à gauche, on croirait voir Audrey Hepburn dans Charade, vous ne trouvez pas ?



Une dînette des années 1900

Une dînette des années 60



L'après midi de dimanche, on s'amuse à sauter dans tous les bus qui passent, rien que pour voir où ça va nous mener. Et en effet, on voit pas mal de quartiers intéressants. Cette idée nous est venue après nous être trompés de bus samedi matin. On s'en est rendus compte quand on est arrivés au terminus. On a donc repris le bus dans l'autre sens, et là, on a trouvé le moyen de rater notre arrêt. On a donc repris le bus dans l'autre sens... Bref, là aussi, on a vu pas mal de quartiers intéressants.


Mais nous sommes dimanche en fin d'après midi, et c'est déjà l'heure de prendre notre train du retour. Au revoir Londres, et à la prochaine, Musée des Sciences à £5, pour de nouvelles découvertes !



On s'est assis sur les bancs à la gare de Paddington, mais personne n'a proposé de nous adopter ! Ah la la... Londres n'est plus ce qu'il était...



22 Juin 2016.
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