Histoire d’un permis.



Histoire de mon permis de conduire, tel que je l'ai passé en GB, et quelques comparaisons intéressantes entre les systèmes français et britannique. 


La toute première leçon de conduite de ma vie, je l’ai prise à la Cité des Sciences et de l'Industrie. 
Il y avait autrefois une machine, un simulateur de conduite (ou de course automobile, je sais plus) aux pieds de l’ancienne rampe qui supportait les vieilles voitures de collection (je crois que ces voitures ont été enlevées parce qu’elles ont été abîmées, mais j’en suis pas sûre). J’avais très envie de l’essayer, mais le problème, c’est qu’il était monopolisé toute la journée par une bande de gamins du quartier, âgés de huit à quinze ans peut être, je ne sais pas, qui l’utilisaient à tour de rôle et ne le laissaient à personne d’autre, même quand il y avait des gens qui attendaient à côté d’eux. Le fait est qu’ils s’éclataient bien sur ce truc, mais à moins de dormir sur place ou venir à cinq heures du matin, il n’y avait pas moyen de s’en servir, ne serait-ce qu’une minute. Chaque fois que je venais à la Cité, ils étaient là. Aucun espoir, donc, d’utiliser le simulateur si on se contentait d’attendre patiemment qu’ils s’en aillent pour prendre la relève. 


Un jour je suis allée les voir et je leur ai demandé s’ils pouvaient me laisser l’essayer deux minutes. Ravi et souriant, « bien sûr M’dame ! » le conducteur en herbe s’est levé et m’a laissé sa place. Je m’assois, et tente de faire démarrer le truc. Rien à faire, ça me marchait pas. Et soudain, un des mômes me sort, hilare : « eh, M’dame, c’est parce que vous avez pas mis votre ceinture de sécurité ! » Ooopsss… Euhem, Euhem… Merci, Demi Portion… Je me suis sentie un peu bête à cet instant. Mais ces gamins étaient vraiment super sympas et j’ai passé dix minutes géniales avec cette petite bande autour de moi, qui me donnait des conseils de conduite et commentait mon parcours.

Je n’ai jamais fait la démarche d’apprendre à conduire pour de bon à Paris : tout d’abord, je n’en avais aucun besoin : dans une grande ville comme Paris, les transports en commun sont nombreux, ils sont ponctuels et bon marché pour peu que vous ayiez une carte d’abonnement. De plus, j’étais persuadée que, tête en l’air et dans la Lune comme je suis (et ai toujours été), je n’arriverais jamais à conduire une voiture, j’allais rater tous les feux rouges et les griller (quelque chose du genre « ah ? il y avait un feu rouge ? Même pas vu… » en fait, je ne croyais pas si bien dire…), écraser trois pigeons dès que j’aurais mis le moteur en marche, foncer dans les arbres et renverser toutes les vieilles dames qui auraient le courage ou l’inconscience de traverser la rue devant moi. Une sorte de conduite comme celle du court métrage (génial !) de Lelouch "C'était un Rendez Vous", quoi...
Les autres aussi me fichaient la trouille : quand on voit comme il peut parfois être difficile à Paris pour les automobilistes de mettre plus d’une seconde et demie à démarrer quand le feu devient vert sans entendre derrière eux un concerto de klaxons, ça me refroidissait un peu. 
Troisième raison de refuser de conduire, un monumental accident de voiture qui a bien failli tous nous tuer sur une autoroute quand j’avais cinq ans, et dont j’ai gardé un souvenir malheureusement tenace. 
Dernière bonne raison de ne pas passer le permis : ça coûte les yeux de la tête.
Mais quand on n’a pas le choix… Vivre à vingt-cinq minutes de marche au moins (et si on est dans un régiment de Chasseurs Alpins) de l’arrêt de bus le plus proche vers le centre ville, et le prix assez élevé des bus ici au Royaume Uni, ne m’a en effet guère laissé le choix : il me fallait absolument le permis de conduire.
Allons-y donc pour le permis de conduire… en sens inverse, en plus, puisque nous sommes en Angleterre !

Ce n’est pas demain la veille que les Anglais feront les choses comme tout le monde, donc inutile que je milite publiquement pour que le sens de la conduite soit changé au Royaume Uni. Je vais devoir m’asseoir à droite et conduire du côté gauche. Pour quelqu’un qui n’a jamais conduit de sa vie, normalement cela ne devrait pas poser de problème, et pourtant, cela n’a pas été si évident que ça… Le cerveau enregistre beaucoup de choses, voyez vous… Lorsque nous sommes arrivés ici fin 2011, je me dirigeais toujours vers la porte du conducteur, et ça me faisait vraiment bizarre de devoir complètement revoir mes habitudes et trouver normal de me trouver dans une voiture qui roulait de l’autre côté de la route. Maintenant, c’est l’inverse, ça me fait bizarre quand on est en France de voir des volants à gauche et des voitures rouler à droite. Comme si quelque chose ne collait pas.

Je me renseigne donc sur les démarches à effectuer pour passer le permis ici, et commande à la « DVLA » ma « provisional licence ». Elle me donne le droit de conduire si je suis accompagnée par une persone ayant le permis depuis au moins trois ans. Cette license est valable dix ans, après quoi il me faudra la renouveler si je n’ai pas obtenu ma « full licence ».

Ca veut dire qu’en principe, on peut très bien conduire avec une « provisional licence » toute sa vie, et même ne jamais chercher à passer son permis si on est content comme ça, mais on devra être constamment accompané, et en plus arborer de magnifiques des « L plates » rouges sur sa voiture dès qu'on prendra le volant. On dit (ah… les « on dit »…) que certains motocyclistes demandent leur provisional licence, et se fichent bien ensuite de passer l’examen : ils sont de toute façon autorisés à conduire seuls sur leur engin, et coller en permanence leur « L plate » ne leur pose pas de problème. Ca doit être pour ça que j’ai vu ici quelques jeunes motocyclistes rouler comme des idiots, mais des idiots avec de superbes L plates.

Autre chose : tant que vous conduisez avec une provisional licence, vous n’avez pas le droit d’aller sur les autoroutes. Même si vous êtes accompagnés. Par contre, vous avez le droit d’aller sur les « dual carriageways ». Les dual carriageways c’est des trucs qui ressemblent à des autoroutes, avec deux voies de chaque côté et une séparation au milieu, les gens roulent vachement vite vu que la limite de vitesse pour les voitures est exactement la même que sur les autoroutes (70 miles de l’heure, ça fait à peu près 112 km/h), autrement dit vous êtes plus ou moins dans les conditions de conduite des autoroutes, mais vous n’avez quand même pas le droit d’aller sur les autoroutes. Seulement sur les dual carriageways. Mais c’est vrai que sur les autoroutes, il y a plus de traffic, et plus de gens qui entrent et sortent, forçant ceux qui sont déjà sur la voie de gauche à se ranger sur la voie de droite pour les laisser passer, et donc c’est plus dangereux. Cependant, je regrette de n'avoir jusqu'à présent aucune expérience de conduite sur les autoroutes. Beaucoup de gens en GB sont d'avis qu'il faudrait inclure les autoroutes dans l'apprentissage de base. Pour l'instant, l'apprentissage de la conduite sur autoroute n'est proposé que par le programme facultatif "Pass Plus". 

Tiens, en parlant de limite de vitesse, ce serait intéressant de faire une petite parenthèse pour comparer les limites en France et en Grande Bretagne. 
En France, si on se réfère à Wikipedia, les limites sont officiellement différentes selon que la route est sèche, qu’il pleut, et en fonction de la visibilité. Il y a aussi des limites qui s’appliquent pour ceux qui ont le « permis probatoire », un truc qui n’existe pas en GB. 
En GB, la limite de vitesse est le maximum absolu sur route sèche, en bon état et avec une bonne visibilité. Après, c’est à vous de décider de ralentir (ou pas) en fonction du contexte. Comme en France, les limites de vitesse sont différentes selon le véhicule que vous conduisez. 
Regardons ce que ça donne pour une voiture, par temps sec et sur route en bon état, des deux côtés de la Manche :
- Autoroutes (Motorways) : France 130 km/h et  GB 70 m/h (= 112 km/h)
Route à deux chaussées (Dual Carriageways) : France 110 km/h et GB 70 m/h (= 112 km/h)
- Routes générales : France 90 km/h et GB 40, 50 ou 60 miles/h en fonction du type route (et non de la météo)  (= 64, 80 ou 96 km/h). Type de route signifiant par exemple : de nombreux virages ?
- Agglomération : France : 30, 50 ou 70 km/h en fonction du type d’agglomération et GB : 20 ou 30 miles/h (= 32 ou 48 km/h). Il est courant en GB de rencontrer des zones à 20 m/h dans des villes à 30 m/h. Les écoles, par exemple, sont toujours protégées à l'intérieur de zones plus ou moins longues à 20 m/h. 


Pour en revenir à la « L plate » britannique, elle n’est pas l’équivallent du A (comme Apprenti) français, car cet article m'a appris que le A français doit être apposé sur la voiture pendant une période de trois ans (suivant la réussite à l’examen), c’est à dire tant qu’on a le permis probatoire, tandis qu’ici vous collez votre L plate seulement lorsque vous êtes en apprentissage ou, comme je l’ai indiqué plus haut, toute votre vie si ça peut vous faire plaisir. Ensuite, lorsque vous avez réussi votre examen, vous n’êtes plus tenu à rien, à part éviter de conduire comme un pied, évidemment. N'empêche, il me semble que les pénalités sont plus lourdes si vous faites une grosse c... au cours des deux premières années de votre nouvelle et exaltante vie de conducteur. 
En GB, on peut, si on le souhaite, poser des « P plates »  vertes (P comme Passed = réussi) les premiers temps, mais ce n’est pas obligatoire de le faire. Si vous choisissez de le faire, vous décidez également de la durée. Un jour, un mois, un an… c’est à vous de voir. Dans la pratique, on voit peu de P plates sur les routes. Il y a aussi un système de points en GB, mais les points, on ne les perd pas, on les gagne.  Si on se prend douze points en trois ans, on peut être disqualifié.


Dans l’ensemble, les Anglais (en tout cas ceux qui vivent ici, ailleurs, je ne sais pas) conduisent bien, à part quelques abrutis incurables comme il y en a partout. Ca aide, quand il s’agit de passer son permis. On a moins peur de rencontrer des chauffards sur la route. Mais si c'est une erreur de croire que tous les Britanniques conduisent bien, c’est également une erreur de penser que les Parisiens (et les Français en général) conduisent mal (ce que croient dur comme fer quelques Britanniques) : quand on s’amuse à observer les voitures du haut des monuments de Paris qu’on visite parfois, on voit bien qu’en fait les gens gardent leurs distances, ne se dépassent pas, roulent calmement. 
Les Britanniques sont également, pour la grande majorité d’entre eux, courtois sur les routes, mais là aussi il y a des exceptions qui confirment la règle. Par exemple, l’utilisation du klaxon pour exprimer son mécontentement est, si ce n’est interdit, du moins très fortement déconseillée. On ne doit l’utiliser que pour signaler sa présence. En France, c'est pareil. J'apprends peut-être quelque chose à certains parisiens, là... :-) Pourtant, ça m’est arrivé plusieurs fois de me faire méchamment klaxonner lorsque j’hésitais à entrer dans un rond point particulièrement bondé. Pourtant, les gens voyaient bien mes L plates… 

Petite parenthèse, une autre, concernant les rond points : j'ai été très étonnée de voir l'autre jour à Paris, alors que nous descendions l'avenue de la Grande Armée en bus et que nous arrivions à la place de l'Etoile, que c'étaient les voitures qui se trouvaient déjà dans le rond point qui s'arrêtaient pour laisser entrer le flot de véhicules en provenance de la Grande Armée. Du coup, on voyait une ligne de voitures stoppées en plein milieu du rond point. Il semble donc qu'en France ce soient les voitures entrant dans le rond point qui aient la priorité ? En Angleterre, c'est le contraire (comme d'hab...) : ce sont les voitures qui sont déjà dans le manège qui ont la priorité. Du coup, vous qui cherchez à entrer dans le rond point, vous devez attendre qu'il y ait un trou dans le flot de voitures pour vous insérer dans la circulation, ou entrer le plus vite possible quand vous jugez que c'est possible. C'est assez flippant, parfois, pour parler familièrement.


Et c'est là que je me rends compte que j'ai complètement oublié de parler du Magic Roundabout. Aaaaaahh, le Magic Roudabout, le genre de trucs à vous rendre maboul... 

Nommé ironiquement et avec humour le Magic Roundabout, en référence au programme télévisé pour les enfants, il est très célèbre en GB, et je suis heureuse de n'avoir jamais dû l'emprunter (je plains les apprentis conducteurs qui l'ont au programme de leur apprentissage) et de n'avoir jamais, à priori, à l'emprunter. Mais jugez vous-mêmes : 







Le Magic Roudabout a même sa page Wikipedia. Plein de films sur YouTube lui sont également consacrés, comme celui de ces deux Finlandais, qui ont fait exprès de le mettre au programme de leur visite en GB, juste pour se marrer :





https://www.youtube.com/watch?v=4bOTTTETzX4


Il y a des trucs, comme ça, qu'on ne trouve qu'en GB (peut-être est-ce dû à la légendaire excentricité britannique ?).

Pour en revenir aux exemples de politesse et de courtoisie, lorsque deux voitures se croisent sur une route un peu étroite et que l’une laisse le passage à l’autre, il serait vraiment grossier de ne pas remercier le conducteur en lui faisant un signe de la main et un grand sourire. Ceux qui ne le font pas sont mal vus. Et l’autre conducteur fait de même en retour, pour remercier d’avoir été remercié, en quelque sorte. Pareil si vous avez la priorité. Vous aviez beau avoir la priorité, vous remerciez le conducteur d'en face de vous l'avoir accordée. Ca m'étonnerait quand même que les conducteurs suivent cette règle de politesse dans les grandes villes comme Londres.


Vous pouvez passer votre code sans avoir demandé votre provisional licence, le document n’est pas nécessaire, mais il est mieux de passer son code lorsqu’approche la date du permis de conduire. Le conseil est sûrement valable aussi pour la France. Je ne l’ai pas fait et ça a été une source de stress. On n’a en effet en GB que deux ans suivant la réussite au code (cinq ans en France) pour réussir la conduite. Et quand on voit de quoi est composé l’examen du code britannique et la sévérité des examinateurs le jour de la conduite, il vaut mieux en effet se laisser le plus de temps possible… J'ai appris la mésaventure d'un candidat au permis de conduire qui a été recallé il y a quelques années parce qu'il n'avait pas allumé ses essuie glaces assez rapidement lorsqu'a débuté la pluie. C'est vous dire...
Je me suis présentée à mon épreuve de conduite un an après avoir réussi le code, donc je savais à ce moment là qu'il ne me restait plus qu'un an au compteur pour réussir le permis, après quoi je perdais mon épreuve théorique...


Comme en France, le candidat au code doit répondre à une série de questions. Ici, il s’agit de QCM à trois ou quatre choix de réponses. Les questions ne sont pas faciles, mais si on apprend son code de la route par cœur (j’exagère à peine), c’est parfaitement faisable. La preuve, je l’ai réussi du premier coup. Aucun mérite à ça, j’ai seulement bossé comme une malade, des heures, et des heures, et des heures... J’ai même trouvé sur internet la version enregistrée du code de la route et je l’écoutais en boucle tout en faisant autre chose.
Par contre, apprendre le code de la route en Anglais, ça n’a pas été évident. Même si mon anglais courant est très bon (oui, je sais, ce n'est pas la modestie qui m'étouffe), il faut avoir envie de retenir ces termes techniques liés à la conduite, et au début, je n’en avais aucune, mais alors aucune envie. Parce qu'en fait je n'avais pas vraiment envie de passer mon permis. 
Apprendre le code de la route a été une horreur, une véritable torture, la chose la plus rasoir que j’ai faite de toute ma vie. Ca l’aurait déjà été s’il avait fallu que je le fasse en français, car je déteste le « par cœur », mais là il a fallu en plus que je le fasse en anglais et que je retienne des termes comme « give way », « clearway »,  (bon, là ça va, quand même, c'est pas trop dur…), la différence entre les « puffin » crossings, les « pelican » crossings, les «toucan» crossings, je les mélangeais tous, ou la différence entre « carriageway », « dual carriageway », « motoway », « highway »,  ou des trucs indigestes comme « staggered » junction, un mot dont j’ai mis un temps fou à me souvenir. Ce n’est pourtant pas difficile comme mot, et d’habitude je retiens plutôt bien les mots difficiles, si tant est que le sujet m’intéresse, mais celui là refusait d’entrer dans ma boîte crânienne récalcitrante parce qu’au début, le sujet ne m’intéressait pas du tout… et le pire, ça n’a même pas été de devoir faire du par cœur, ça été de trouver des illogismes et des contradictions dans ce code de la route. Si seulement je m’étais contentée d’apprendre par cœur et de recracher mon savoir le jour de l’examen, sans me poser de questions… mais le problème est que je n’ai pas pu m’empêcher d’aller au-delà du simple par cœur, qui était parfaitement suffisant pour répondre à une série de QCM, et de vouloir vraiment comprendre le pourquoi du comment. 
Le signe « Stop » n’a pas la même forme que les autres ordres, d’accord, mais pourquoi ? Y a-t-il une raison historique à ça ? Et d’abord, qui a inventé le code de la route ? C’était quand ? Et me voilà partie dans des recherches sur l’histoire du code de la route… Au moins, les infos que j’ai trouvées sur la question ont été une lecture intéressante. Autre truc sur lequel je me suis arraché pas mal de cheveux : pourquoi le signe « give way » (c’est quand il faut laisser la priorité) est un triangle (avec une forme qui rappelle le W de "warning") alors qu’il s’agit d’un ordre (absolument obligatoire de le suivre), et que normalement les ordres, c’est un cercle ? Et qu’en plus le triangle est orienté dans l’autre sens, la pointe en bas alors que tous les autres triangles ont la pointe en haut ? J'ai trouvé tout un tas de trucs contradictoires et pas logiques dans le code de la route et ma première réaction a été de balancer le livre dans un coin et refuser de continuer à apprendre ça. J'ai perdu un temps fou à cause de ça.

Il a fallu que je m’habitue à penser en « miles per hour » et plus en kilomètres à l’heure (encore un truc pas logique : les limites de vitesse sur les routes sont toujours en miles per hour… mais lors de l’examen du code, les questions qui portent sur le rapport « vitesse/distance nécessaire pour s’arrêter » sont formulées en km/h...), et bien d’autres choses encore. 
J’ai finalement réussi à m’y intéresser, et là je me suis plongée à fond dedans. J’ai d’ailleurs constaté en faisant quelques comparaisons que certains signes existent en France mais pas en GB, et vice versa. D’autres signes existent partout, mais ont des significations différentes, ou exprimées de façon différente. Ce signe, par exemple, signifie National Speed Limit en GB. On le trouve sur les routes à 60 m/h ou sur les dual carriageways à 70 m/h (et sans doute aussi sur les autoroutes). Il indique quelle limite de vitesse sur ce type de route. On sait donc, en fonction du type de route (une voie ? deux voies ?), si l’on est autorisé à monter jusqu’à 60 ou 70. Ce signe n’est pas utilisé pour les routes à 30, 40 ou 50 miles max. En France, ce même signe veut dire : « Fin de toutes les interdictions précédemment signalées ». Pas vraiment la même chose !!

Je n’ai jamais appris le code de la route en français. Je connaissais quelques termes, bien sûr, mais j’en suis désormais au stade où je pense mon code de la route uniquement en anglais. Si je vois un signe, je pense son nom en anglais (comme « staggered junction » par exemple).

Voilà pour la signalisation et le code de la route britanniques. Mais là où l’examen du code se corse, c’est qu’ici vous avez ensuite une deuxième épreuve, appelée « hazard perception » (en gros, avoir une bonne perception du danger), qui consiste à vous passer une série de quatorze films (qui durent chacun une minute) sur un écran, sur le film vous êtes censé être un conducteur dans sa voiture et dès que vous détectez quelque chose susceptible de se transformer en danger, vous cliquez sur le bouton de votre souris. Treize films contiennent un danger, et un film en contient deux. Bien sûr, on ne sait pas quel film sur les 14 contient deux dangers. On ne sait pas non plus à l’avance de quel type de danger il s’agira, ni où il surviendra dans le déroulement du film.

On peut obtenir de zéro à cinq points à chaque petit film. Zéro, ça veut dire que vous n’avez strictement rien vu, et cinq, ça signifie que vous avez détecté le danger avant même qu’il ne se forme. Imaginez par exemple que vous rouliez sur une route de campagne étroite. Vous « scannez » la route, et soudain, au dessus des haies, dans les broussailles, à cent cinquante mètres de vous après un virage sur la gauche, vous apercevez vaguement le haut du toit d’une voiture qui roule a vive allure dans votre direction. Clic, cinq points. Vous voyez le haut du toit très clairement, clic, quatre points, ou trois... La voiture en question, vous ne la voyez que si elle a déjà passé le virage et se trouve là, juste devant vous, clic… un point peut-être, ou deux points si vous avez tout de même réagi un peu plus tôt. Ou zéro si vraiment c’est trop tard.

Cette deuxième épreuve à l’examen du code a engendré tout un commerce de DVD pour s’entraîner, je crois que j’y dû tous les acheter, et là encore, j’ai passé des heures et des heures… et des heures… à visionner des centaines de clips vidéo et m’entraîner à cliquer au bon endroit. Il y a de tout dans ces DVD. Certains DVD offrent des clips faciles (certains sont de vraies arnaques et les clips sont bâclés et bien trop faciles), d'autres DVD se rapprochent plus du niveau de difficulté de l'épreuve de l'examen.


Et là où vous envisagez de vous taper la tête contre les murs ou de vous jeter par la fenêtre, c’est quand vous constatez que le film est séparé en séquences, qui incluent des zones cliquables (voir les images ci-dessous). Il y a une sorte de bande qui court tout au long du film, sur laquelle est délimitée la zone des 5 points, puis la zone des 4 points etc… Bien sûr, vous ne savez pas quand la zone débute et s’arrête, car la bande n’est pas montrée à l’écran, vous ne voyez les différentes zones que lors de la correction. Sur certains clips, les zones sont larges, sur d’autres, elles sont très étroites et vous avez donc très peu de temps pour cliquer dedans.

Du coup, si vous manquez d'entraînement ou si le clip est trop difficile, c’est au petit bonheur la chance : si vous cliquez un millième de secondes après la fin de la zone des cinq points, vous êtes déjà entré dans la zone des quatre points. Pire, imaginez que vous ayez vu le danger très tôt, mais vous avez eu le malheur de cliquer un millième de secondes AVANT le début de la zone des cinq points, vous avez… zéro point. C’est rageant. Combien de fois cela m’est-il arrivé ? Je ne saurais même pas le dire. Du coup vous arrivez à l’épreuve avec la boule au ventre car même si vous connaissez vos QCM sur le bout des doigts, vous allez être jugé, lors de la seconde épreuve du code, par un ordinateur bête et méchant qui est programmé pour vous mettre zéro si vous cliquez un tout petit petit petit peu trop tôt (ou un tout petit peu trop tard, mais là au moins, si vous continuez de cliquer, vous pouvez espérer décrocher quatre, trois... points)… et qui ne réfléchit pas, comme un humain pourrait le faire, au fait qu’il pourrait tout de même être sympa et vous accorder vos cinq points.



J'ai retrouvé quelques captures d'écran de mes corrections de DVD d'entraînement, et je les ajoute donc à cet article :


Ci-dessous, le danger potentiel était représenté par les poubelles, qui signifient que le camion des éboueurs n'est sans doute pas loin. Ce camion est considéré comme un danger parce qu'il est lent ou bloque carrément la voie. 
Si on clique dès qu'on aperçoit la toute première poubelle, on a des chances d'obtenir 5 points, sauf si on la voit un tout petit peu trop tôt, évidemment... C'est ce qui m'est arrivé, comme vous pouvez le constater :



(La zone cliquable jaune ne sert à rien, elle ne donne pas de points, et je sais pas pourquoi ils l'ont ajoutée dans le DVD. La zone des cinq points est la première zone verte, etc.)

Sur cette capture d'écran, on voit que j'ai cliqué une première fois dans le jaune, donc ça compte pour du beurre, puis une deuxième fois encore dans le jaune, mais juste à la limite du début de la zone verte... un tout petit peu trop tôt, quoi... 
Résultat... je n'ai pas réussi à décrocher cinq points, mais deux points seulement, grâce à mon troisième clic qui a tapé dans la zone des deux points.




Un autre exemple de clic raté, ayant cliqué pile sur la ligne qui sépare la zone jaune de la zone des cinq points. La faute à pas de chance, quoi... Là encore, j'ai quand même réussi à décrocher deux points.


Le pire, si c’est encore possible qu’il y ait pire, c’est que l’ordinateur est programmé pour vous couler s’il détecte (ou croit détecter, et c’est bien là le problème…) une tricherie sous la forme d’une façon anormale de cliquer. Si vous cliquez trop vite, ou trop lentement, si vous cliquez plusieurs clics de façon trop rapprochée, genre « clic-clic », si vous cliquez trop souvent durant un film, si vous cliquez trop de fois pour rien (dans le vide, hors des zones cliquables), si vous cliquez à intervalles trop réguliers, genre toutes les trois secondes… dans ce genre de cas le film s’arrête et vous avez zéro. 
Ceci a été introduit après que les examinateurs se soient rendus compte que certains candidats avaient adopté une méthode consistant à cliquer à intervalles réguliers, pour augmenter les chances de taper dans le mille, ou plutôt dans le cinq, ou double cliquaient pour éviter de rater de peu la zone des cinq points, voire même cliquaient en permanence à grande vitesse tout le long du film… Ainsi, non seulement on doit être en mesure de repérer les dangers potentiels (car dans la zone des cinq points ils ne sont pas encore devenus des dangers réels, comme on l'a vu plus haut) le plus tôt possible, mais en plus il faut faire super gaffe à la façon dont on clique, sinon on se fait saquer par le système informatique. Mieux vaut ne pas être trop nerveux le jour de l'examen...

Les DVD d’entraînement ne sont bien évidemment pas les clips officiels du DVLA, c'est à dire ceux que vous aurez le jour de l'exam, ou alors ils vous offrent en prime ceux de l’année d’avant, et chaque DVD est configuré à sa façon. Certains DVD acceptent dix clics maximums par film, d’autres en acceptent jusqu’à quinze… Certains réagissent au quart de tour et vous saquent dès qu’ils croient déceler une tricherie, d’autres ont une marge de tolérance plus élevée. Bien sûr, personne ne sait quelle est la marge de tolérance des ordinateurs du DVLA et la façon dont ils sont paramétrés.

Cette épreuve du « hazard perception » a été introduite en GB en 2002 et elle fait flipper tout le monde. Beaucoup de gens ratent leur code à cause du hazard perception. C’est une véritable horreur, ce truc, mais encore une fois, avec beaucoup, beaucoup, beaucoup d’entraînement, on finit par y arriver.

Si ça vous amuse de vous tester, visitez ce site http://www.theory-test-online.co.uk/free-hazard-perception-test-demo.htm qui offre un entraînement gratuit à l’épreuve du hazard perception. (sur ce site, il faut cliquer sur l'image elle même, et vous verrez un petit drapeau rouge s'afficher en bas à gauche pour marquer votre clic) 
Certains de ces clips sont faciles, d'autres moins. Un conducteur expérimenté aura évidemment plus de chances de faire un bon score que quelqu'un qui n'a jamais conduit de sa vie. La correction s'affichera à la fin des 14 films.

J’ai rarement dû bosser autant pour obtenir un examen. Le code, parce qu’au début ça ne m’intéressait absolument pas, que je ne supportais pas l’idée d’apprendre comme un perroquet, et le hazard perception, car ça ne dépend pas que de soi, mais aussi d’un ordinateur sans âme et sans coeur qui ne vous fera jamais de cadeau. 
J’ai visé le sans faute au QCM du code de la route, parce que vu qu’il s’agissait juste de recracher ce que j’avais appris par cœur, je ne supportais pas l’idée de faire la moindre faute. J’ai eu un sans faute (50 sur 50). 
Pour l’épreuve du hazard perception, j’ai cru que j’allais avoir une attaque lorsque l’ordinateur m’a demandé si je me sentais prête pour lancer le test. J’étais stressée à un point tel que mon cœur s’est mis à battre comme un malade, il m’a fallu plusieurs longues minutes pour me calmer, retrouver une respiration normale et trouver la force et le courage de lancer le test. Ma main qui tenait la souris était toute moite. 
Le nombre maximum de points à cette épreuve est 75 (15 x 5), il en faut 44 pour réussir et j’en ai eu 60. Encore une fois, aucun mérite à ça. Bosser comme une malade, c’était la seule solution, et la seule chance que j’avais d’y arriver. Il y a des jours où j'ai passé de cinq à sept heures non-stop à visionner des clips sur les DVD d'entraînement, parfois jusque tard dans la nuit. Conclusion : absolument tout est possible pour peu qu’on accepte de bosser le nombre d’heures nécessaires. Et parfois, des heures, il en faut beaucoup…


Des heures, il m’en a fallu également beaucoup pour réussir ensuite la conduite. Ce n’est pas que je n’arrivais pas à contrôler la voiture, je n’ai pas foncé dans les arbres, je n’ai jamais raté de virage, mais je me suis découvert un problème d’attention et de concentration dont je ne soupçonnais pas la gravité. Comme je l’ai dis plus haut, je suis tête en l’air et parfois dans la lune. Je l’ai toujours su, mais à ce point là, je ne le savais pas moi-même. C'est vraiment bizarre parce que je suis capable de me concentrer des heures sur un truc qui me plait, par exemple faire un site internet, au point d'en oublier de déjeuner, et j'ai même bien vu que je pouvais me concentrer des heures sur ces clips d'entraînement. Et pourtant, au début, lorsque je conduisais, je ne faisais attention à rien. La signalisation routière, je ne la voyais même pas. Et que le triangle ait la pointe en haut, la pointe en bas ou la pointe au milieu ne changeait rien au problème. Je ratais les signes qui se présentaient à moi sur le bord de la route. Les feux, pareil. Je ne commençais à ralentir que quand j’avais le nez dessus, j'exagère à peine, parce que le reste du temps j’étais ailleurs, je pensais à autre chose et que je n’étais pas concentrée sur ce que je faisais.

Pourtant les premières leçons avaient bien débuté, le moniteur d’auto école a même cru que j’avais déjà conduit à Paris car je n’ai jamais calé en démarrant la voiture, par exemple. Mais au bout de deux leçons, il m’a initiée aux changements de vitesse… et là, les problèmes ont commencé. Evidemment, j’ai absolument voulu savoir comment ça marchait les vitesses, ce qu’il se passait dans le moteur, ce qui contrôlait ça, pourquoi ça se passait comme ça, pourquoi un moteur avait besoin de changer de vitesse etc… Il n’a pas voulu m’expliquer, et voulait que je me contente de changer de vitesse au moment où il me le demandait. Son truc, c’était que j’allais apprendre petit à petit à sentir à quel moment je devais changer de vitesse, en écoutant le bruit du moteur par exemple, et que je n’avais pas besoin de savoir le reste. Il me regardait comme si j’étais bizarre de vouloir savoir et comprendre ça. Pour moi, ce n’était pas envisageable de conduire sans comprendre ce qu’il se passait dans ma voiture. Il a fini par me dessiner vite fait un diagramme pour me montrer les deux machins qui se désenclenchent lorsqu’on appuie sur le truc, le clutch, la pédale d’embrayage quoi, mais le problème, c’est que plus il m’expliquait, plus les questions venaient dans ma tête, une question en amenant une autre, du genre, « oui d’accord… mais, mécaniquement parlant, qu’est-ce qui contrôle le processus de désenclenchement ? Comment ça marche exactement ce truc ? » et c’était sans fin. J’ai fini par lui avouer, quand j’ai épuisé mon forfait de dix heures, que ça me bloquait de ne pas comprendre parfaitement comment une voiture marchait, que je ne pouvais pas changer de vitesse juste parce que le moteur fait un bruit différent, comme un robot, sans comprendre exactement ce qu’il se passait à ce moment là, que j’avais besoin de comprendre et que par conséquent, j’allais acheter des livres pour apprendre. En attendant, comme je ne voulais pas perdre de temps en arrêtant les leçons, j’allais continuer à apprendre à conduire sur voiture automatique. Ca évacuerait le problème, du moins temporairement car je pourrais reprendre plus tard sur voiture manuelle. 

En GB, mais je crois qu’en France c’est pareil, on peut choisir d’avoir un permis automatique ou un permis manuel. Le permis manuel vous donne le droit de conduire des voitures automatiques, mais l’inverse n’est évidemment pas vrai.

J’ai donc acheté un ou deux livres et me suis mise en quête d’un moniteur sur voiture automatique. La première monitrice m’a arnaquée financièrement, elle comptait chaque semaine, derrière mon dos, deux heures de conduire sur mon compte alors qu’on n’en faisait qu’une et demie, afin que le forfait dure moins longtemps et pour me refaire payer plus vite. J’ai dû arrêter avec elle et je n'ai jamais réussi à récupérer mon argent. Tant pis, on tourne la page. Keep calm and carry on...




Je suis ensuite tombée sur une monitrice très sympa, qui n’a pas du tout cherché à m’arnaquer financièrement mais qui a fait durer les leçons aussi longtemps qu’elle a pu, presque un an à raison d’une fois par semaine, et ça m’a en effet coûté une fortune. Ca n'allait pas assez vite car elle ne critiquait pas suffisamment mes erreurs pour m’aider à progresser plus rapidement, et me donnait des conseils au compte goutte, et uniquement quand je lui posais des questions. Tout juste si elle ne se limait pas les ongles durant les leçons. Mais au moins, elle était sympa. Du coup, soit je la bombardais de questions, soit, quand les réponses étaient trop vagues, je trouvais mes réponses dans des livres ou sur internet.

Au début, j’ai connu des problèmes de peur presque panique de rouler à vitesse élevée (plus de 40 m/h). Je roulais toujours trop lentement et elle me demandait toujours d’aller plus vite. En plus du fait que j’avais la trouille, je me demandais pourquoi il fallait absolument encourager les gens à rouler plus vite. Les accidents arrivent justement quand les gens roulent trop vite, et pourtant on demande aux apprentis conducteurs de rouler plus vite, juste en dessous de la limite de vitesse, en fait. Sur les routes à 60 m/h par exemple, pas question de rouler à trente, ni même cinquante. Il y a en GB des routes de campagne dont la limite autorisée est 60, personnellement je trouve ça beaucoup trop. Il y en a quelques unes ici dans le coin, et j’étais très contente sur ces routes de rouler à 20, 30… personnellement, ça me suffit, y a pas le feu et j’ai pas un train à prendre, n’est-ce pas ? Eh bien non, il fallait que j’accélère.

Comme je trouvais que mon apprentissage, lui, n’allait pas assez vite, au bout de six mois avec cette monitrice j’ai pris le taureau par les cornes, cassé ma tirelire et acheté une petite voiture automatique d’occasion. Elle était incroyablement bon marché pour une voiture qui n’avait été que très peu utilisée. C’est une petite voiture coréenne, datant de 2008, qui n’a qu’un seul défaut… le bouton des clignotants et le bouton des essuie glace sont inversés. Dans les voitures normales (en tout cas ici en GB), le bouton des clignotants est à gauche du volant, dans ma voiture il est à droite. Je ne sais pas si toutes les anciennes voitures asiatiques sont comme ça, il me semble que oui, en tout cas cette marque a arrêté et construit de nos jours des voitures "normales".

On a baptisé la voiture Yumi, c’est vrai que ça sonne plus japonais que coréen, mais en anglais ça se prononce You Me… et mon copain m’a emmenée conduire presque chaque soir et minimum deux fois par week end. Au début il était un peu tendu en raison de l’absence de double contrôle (deux freins, avec un du côté du moniteur) et donc de la peur de ne pas pouvoir intervenir si je faisais une grosse c…, mais très vite il s’est détendu. Il a critiqué systématiquement toutes mes erreurs, n’a rien laissé passer, m’a fait refaire et refaire encore les trucs sur lesquels j’avais fouaré, et m’a littéralement forcée à améliorer ma concentration et mon attention de toutes les façons possibles et imaginables. Par exemple, il me demandait tout à coup : « c’est quoi le dernier signe que tu as vu sur la route ? » Au début, ma réponse était toujours : « euhhh… »

Finalement, c’est lui qui m’a appris à conduire. Je crois que sans lui je n'y serais pas arrivée, ou alors ça m'aurait pris dix ans.

On s’est tellement entraînés avec cette voiture (on a roulé 2000 miles, c’est-à-dire 3218 km !!) que j’ai pris l’habitude d’avoir mon bouton de clignotant à droite. Mon cerveau a enregistré cette information et c’est devenu un réflexe conditionné. Du coup, chaque semaine, lorsque j’avais ma leçon avec ma monitrice, je me plantais de côté et je mettais systématiquement l’essuie glace en marche chaque fois qu’elle me demandait de changer de direction. « Au prochain rond point, vous prendrez la première à gauche… » Et hop, un petit coup d’essuie glace… Je n’avais qu’une trouille : faire cette erreur le jour du test. C'est le genre de truc qui ne pardonne pas.

J’ai utilisé Google Maps pour visualiser les routes, les rues, pour m’aider à repérer la signalisation qui s’y trouve, pour me permettre d’étudier les carrefours, les rond points… Ca s’est révélé extraordinairement efficace, et je pense que les apprentis conducteurs ne devraient pas hésiter à utiliser cet outil. Evidemment, c’est plus facile de faire ça dans une petite ville que dans une grande capitale.

Lors du test de conduite, on vous demande, avant de prendre le volant, de faire deux choses : tout d'abord un test de vue puis des questions sur la sécurité et la maintenance de votre véhicule. Pour le test de vue, il faut pouvoir lire une plaque d'immatriculation sur une voiture située à au moins vingt mètres de distance. Si on rate ce test de vue, on rentre chez soi avant même d'avoir pris le volant. Je crois qu'en France, on vous autorise quand même à continuer l'examen.

Les questions se nomment le "Show me Tell me", et bien sûr, je les ai bossées comme une malade, n'hésitant pas à prendre des photos du tableau de bord et de sous le capot de la voiture de ma monitrice. 

Quand je me suis sentie prête, j'ai pris rendez vous pour le test de conduite. Je n'en menais pas large.

J’ai trouvé le moyen de rater ma première présentation au test de conduite, à cause d’une faute d’inattention, évidemment… L’examinatrice m’a demandé, alors qu’on se trouvait sur un dual carriageway, de prendre la direction de telle ville, j’ai vu le panneau (si, si !!) indiquant que pour cette direction il fallait changer de voie et se mettre sur la voie de droite… j’ai continué à conduire… et je suis restée sur la voie de gauche ! Ne me demandez pas pourquoi j’ai fait ça, ni ce qu’il s’est passé exactement dans ma tête, je n’en ai aucune idée. Arrivée au rond point, je me suis rendue compte de mon erreur, et là j’ai paniqué et je me suis trompée de sortie. J’ai réussi mon test trois mois plus tard, il y a quelques jours, en ce mois de juin 2016, en fait, lors de ma deuxième tentative. Hip hip hip ? Hurraaaayyyy !

Me voilà donc titulaire du permis de conduire, et malgré tout, je n’ai aucune envie de conduire à l'avenir dans une grande ville, à moins d’y être obligée bien sûr. Je sais également qu’il va falloir que je fasse très attention, du fait de mon profil psychologique de tête de linotte. 
De plus, me voilà titulaire du permis de conduire, « mais » du permis de conduire britannique, et désormais je me verrais très mal conduire un jour en France, avec tout qui est inversé par rapport à la GB : avoir le volant de l’autre côté, rouler sur la voie de droite, devoir prendre les rond points dans le sens inverse des aiguilles d’une montre au lieu du sens des aiguilles d’une montre… En fait, les seuls autres endroits de la planète où je pourrais conduire sont l’Australie, la Nouvelle Zélande, le Japon, Singapour… la liste complète est ici .

Avant, je trouvais que c’étaient les Britanniques qui roulaient du mauvais côté,  et les autres Européens du bon. Désormais, c’est l’inverse…

Si je veux revenir à la conduite sur voiture manuelle, il faudra que je prenne à nouveau des leçons, et que je passe le permis manuel. Si je le fais un jour, ce ne sera de toute façon pas avant longtemps. Tout d'abord, conduire une voiture automatique, c'est génial ! C'est plus silencieux, plus confortable, ça cale jamais, ça change les vitesses toute seule, comme une grande... (et on l'entend au bruit du moteur) et puis on est au 21ème siècle, non ? Pourquoi on continue à s'embêter à changer manuellement des vitesses ? Maintenant, je milite pour que toutes les voitures soient automatiques !  :-) 

Finalement, j’ai eu l’impression, en passant ce permis, d’avoir traversé plus d’épreuves que les deux tests du code de la route et ceux de la conduite, et j'ai vraiment envie de souffler maintenant. C'est sans doute l'un des trucs les plus difficiles que j'ai fait de ma vie. Certaines personnes trouvent ça fastoche, pas moi. C'est fastoche de maîtriser une voiture, et ne pas foncer dans les arbres, ça oui, mais par contre c'est difficile de rester concentré et attentifs sur une route, quand il n'y a rien d'autre à faire que de regarder cette route qui se déroule devant vous comme un ruban, quand le moindre moment d'inattention peut provoquer un accident. En tout cas c'est difficile pour moi. On a tous nos points forts et nos points faibles. 

Il a donc fallu que je me batte contre moi-même, que je surmonte certains problèmes, certaines difficultés… Mais cela m’a permis (c’est le cas de le dire) de me connaître mieux, de mieux cerner la façon dont je fonctionne, et au bout du compte, de m’améliorer, de progresser. Rien que pour ça, ça valait la peine de le faire.

C’est pourquoi je recommanderais à tout le monde, si tant est qu’on ait la possibilité financière de le faire, car oui, c’est très, très cher, de ne pas hésiter à passer, dès que possible, son permis de conduire.


28 juin 2016
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