Tous mes articles Agoravox

Retrouvez bientôt sur ce blog tous les articles que j'ai publiés depuis 2009 sur Agoravox. Ca va me prendre un peu de temps, mais ils seront, un par un, transférés ici depuis ma clé USB avec toutes leurs photos. 

Certaines photos, cependant, vont peut-être manquer à l'appel. J'avais autrefois un autre blog, ouvert sur l'hébergeur Ifrance, mais cet hébergeur n'existe plus. Officiellement depuis 2013, mais je n'arrivais déjà plus à accéder à mon espace gratuit, il fallait passer en premium. J'en ai ensuite ouvert un nouveau sur l'hébergeur Overblog, mais un jour, Overblog a purement et simplement effacé ce blog, qui n'est donc plus accessible. Je n'y allais plus du tout, c'est vrai, mais j'y conservais plusieurs pages contenant des photos, par exemple celles illustrant l'article rédigé en 2011 sur le quartier de La Défense. 

Les liens mis dans les articles en question, qui renvoyaient vers les pages contenant ces photos, sont donc brisés. C'est un peu embêtant car j'avais, notamment, des photos prises dans le quartier des Groues à Nanterre, auxquelles je tenais. J'y tenais car ce quartier est en pleine restructuration, et je crois qu'il a déjà beaucoup changé depuis 2011, et qu'il va encore changer. Pour l'instant, je ne retrouve plus ces photos, qui doivent pourtant être sauvegardées quelque part sur une autre clé USB ou un disque dur externe, puisque je les ai transférées un jour sur Internet.

Nous avons tous des choses à améliorer. En ce qui me concerne, une des choses qu'il faut que change, c'est mon côté désordonné. Je finis toujours par m'y retrouver dans mon désordre, donc ce n'est pas handicapant, mais j'admire vraiment les personnes ordonnées, qui classent correctement et de façon régulière les choses, qui savent immédiatement où aller retrouver un papier, un document...

Je ne crois pas qu'on puisse dire "à mon âge, je ne changerai plus". Je pense qu'on peut changer à tous les âges, ou en tout cas, si vraiment on a pris un mauvais pli, s'améliorer. C'est comme apprendre, on apprend toute sa vie, même s'il est vrai que nos neurones ne sont plus aussi performants après un certain âge. 

J'aime beaucoup photographier, à Paris ou ailleurs, les quartiers dont je sais qu'ils vont être transformés. J'aime bien conserver la mémoire des lieux. C'est pourquoi j'aime tout particulièrement regarder de vieilles photos de Paris et, si le nom de la rue est indiqué, explorer ensuite Google Map pour voir à quoi le quartier, ou la rue, ressemble de nos jours. Le "avant/après" est parfois saisissant !

J'avais ainsi photographié le quartier de la Goutte d'Or il y a très longtemps, avant que certains immeubles ne soient remplacés par d'autres. J'avais également photographié le quartier de la Moskova, lorsqu'il a été annoncé qu'il serait bouleversé. Je n'y suis pas retournée depuis mais je crois qu'il est très différent de nos jours.

Tout ça pour dire que je vais transférer ici, petit à petit, mes articles publiés sur Agoravox. Bien entendu, je conserverai les dates de publication d'origine. 

J'ai hâte de voir (enfin !) ce blog au complet. 
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Mes Parfums d'Antan

On dit que changer de parfum, c'est comme changer de personnalité. Décider d'être une autre personne. On ne diffuse plus, autour de soi, le même message, la même aura. Dis moi quel parfum tu portes, et je te dirai qui tu es, affirme-t-on. 

Certaines personnes vont jusqu'à penser que changer souvent de parfum trahit le fait que l'on ne s'est pas trouvé, que l'on n'a pas encore découvert qui l'on était au fond de soi. Qu'on n'a pas une personnalité affirmée. Je ne suis pas d'accord avec cette affirmation pour deux raisons majeures. 

La première, c'est que, sur le long terme, la personnalité d'une personne évolue. C'est inévitable, ne serait-ce qu'en raison de l'influence qu'exercent sur nous le contact avec les diverses personnes que l'on rencontre au fil du temps, avec les livres que l'on lit, les découvertes que l'on fait, les voyages que l'on entreprend...

La seconde, c'est parce qu'on ne se réveille pas chaque matin de la même humeur. Parfois on est fatigué, d'autres fois on se sent dynamique, ou alors (plus ou moins hem hem...) sportive... Il arrive que l'on soit un jour plus porté vers le calme, voire la méditation... Un autre jour, on a envie de bouger, de faire plein de choses, et il existe un type de parfum pour chaque humeur, chaque occasion. 

On ne se verrait pas porter un parfum capiteux le jour où l'on se présente sur un court de tennis, par exemple (ce que je ne fais pas, n'ayant jamais tenu une raquette de ma vie). Un parfum frais semble alors plus approprié. 

Il me semble qu'un parfum ne fait que refléter qui l'on est à un instant "t" de notre vie. Cet instant de vie peut durer quelques années, quelques mois, un seul jour, une minute... Une éternité...

Cependant, il est vrai qu'un parfum reflète ce que l'on est au fond de soi, et la personalité que l'on a, dans la mesure où il y a des senteurs vers lesquelles on se sent immédiatement attirés, et d'autres que l'on ne peut pas supporter. 

Désolée pour celles qui adorent Angel, mais je ne peux supporter ce parfum. Je crois que c'est un parfum qu'on adore ou qu'on déteste. Je déteste. Ce parfum entêtant, à l'odeur tellement synthétique, cette fragrance sucrée, presque écoeurante, me donne littéralement la nausée. Je sens les femmes qui le portent alors qu'elles se trouvent encore à plus de cinq mètres de moi... Bref, merci de ne pas m'approcher si vous portez Angel. 


Il parait que j'avais un arrière grand père, ou alors arrière arrière grand père, je ne sais plus, parfumeur. Mon intérêt pour les parfums vient peut être de là. 

Les parfums, j'aime bien sûr les porter, mais j'aime aussi surtout les tester. Un peu comme les oenologues qui aiment goûter les meilleurs vins, sans pour autant en boire des litres. Je peux rester des heures (enfin, j'exagère un peu, comme d'habitude) dans une parfumerie à respirer les senteurs délicieuses s'échappant des flacons, à vaporiser toute sortes de parfums et eaux de toilette sur les petites bandes de carton, que je garde ensuite au lieu de les jeter, à essayer sur un petit bout de main, de bras, ou derrière l'oreille, telle ou telle composition, au grand désespoir des vendeuses qui me surveillent du coin de l'oeil, car je finis toujours par passer à la caisse les mains vides. 

Ca devient de plus en plus difficile de faire ça, du moins dans certaines parfumeries où l'on ne met plus systématiquement, voire plus du tout, les testeurs à la disposition des clientes. C'est ce qui vient d'arriver dans le "Boots" de ma ville. 

Ca se comprend tout à fait, car des clientes comme moi qui abusent et viennent juste pour s'asperger de Chanel n°5 (et pas l'eau de toilette, non, ni même l'eau de parfum, mais carrément le parfum, tant qu'à faire...) j'espère pour les vendeuses qu'elles n'en ont pas trop des comme moi dans la journée, car à leur place j'aurais moi aussi envie de les mettre poliment à la porte. On ne m'a jamais mise à la porte nulle part, mais une fois, dans une parfumerie parisienne, on m'a fait poliment sentir (sans mauvais jeux de mot) qu'il était temps que j'arrête...

Personnellement, j'aime particulièrement les parfums profonds, chauds, mais j'aime aussi de temps en temps les parfums frais et plus floraux. 


Il y a des femmes qui ont découvert, un jour de leur vie, un parfum, et qui ne l'ont plus jamais quitté. Elle n'en ont porté qu'un seul leur vie durant. Je n'ai pas porté, durant ma vie, qu'un seul parfum. Faut-il pour autant en conclure que je me cherchais ? Je ne pense pas. 

J'ai commencé, adolescente, par porter Anaïs Anaïs de Cacharel (1978), mais ça n'a pas duré longtemps. 




J'ai ensuite adopté L'Air du Temps de Nina Ricci, un classique de 1948, dans son magnifique et élégant flacon à l'oiseau. Le premier flacon que j'ai eu de ce parfum, on me l'a offert. J'ai ensuite porté ce parfum de très nombreuses années, car une de mes vieilles tantes me l'offrait régulièrement. Je ne me rappelle plus de son odeur. 




Suite à une visite au musée des Arts d'Afrique et d'Océanie dans les années 90, je me suis mise à rêver d'îles lointaines du Pacifique, de senteurs exotiques, et c'est alors que j'ai découvert, lorsqu'il a été lancé en 1999, Aqua Allegoria de Guerlain, version Ylang Vanille. 




Ce parfum était un délice. Certains parfums vanillés sont vulgaires, ils "cocottent" comme on dit, car la vanille est soit synthétique, soit de mauvaise qualité. Ce parfum était tout en subtilité, tout en finesse et délicatesse, avec malgré tout des notes chaudes et puissantes. 
Il est resté un parfum exquis jusqu'au jour où ils ont changé la formule, le transformant en un parfum plus banal. Je ne crois pas me tromper en disant qu'ils ont changé la formule : soudain, il ne sentait plus autant l'Ylang ni la vanille. Les clientes ont peut être trouvé qu'il sentait trop fort, que l'odeur était trop prononcée. Fort heureusement, je me suis rendue compte de la modification avant de renouveler mon stock et j'ai immédiatement décidé d'arrêter de le porter. Il sentait toujours bon, la nouvelle odeur n'était pas désagréable, loin de là (c'est Guerlain, tout de même...) mais il ne correspondait plus à ce que je connaissais, à ce que j'aimais et qui me représentait.

J'avais l'habitude d'une senteur exceptionnelle, et ce n'était plus cette senteur. Et il me faut bien reconnaître que ce jour là, j'ai eu l'impression qu'on m'avait volé, arraché même, une partie de moi-même. Je ne pouvais plus être celle que j'avais choisi d'être, puisqu'on avait modifié à mon insu la formule du parfum que je portais. J'étais désemparée. Je n'aurais jamais cru que cela puisse me toucher à ce point !

J'ai alors commencé à fabriquer mon propre parfum à base de certaines huiles essentielles, ce que je fais toujours lorsque je ne porte pas mon nouveau parfum, cité plus haut : Chanel n°5 (créé en 1921), que je trouve magique et enivrant. J'aimerais pouvoir porter le parfum lui-même, mais le prix élevé m'a toujours fait hésiter, même si je sais qu'un flacon durera des années. Alors je me rabats sur l'eau de toilette, ce qui est déjà très bien.




Or, je viens d'apprendre qu'une récente loi de la Commission Européenne a interdit, ou vise à interdire (je ne sais pas si la loi est passée) certaines substances dans les parfums, car elles seraient allergènes. Certains parfumeurs, et Chanel semble concerné, sont et seront donc obligés de revoir leurs formules. 

Je ne sais pas si c'est la raison pour laquelle Guy Laroche a modifié la formule de son mythique parfum Fidji, dont la nouvelle formule ne satisfait plus les clientes (et clients car apparemment certains hommes le portaient aussi) de longue date (on peut lire leurs échanges sur les forums à ce propos) qui affirment avec une pointe de nostalgie, ou carrément du désespoir, que l'ancienne formule, surtout celle du parfum, sentait si bon que c'était à "se rouler par terre", je cite. 

Comme je regrette maintenant de n'avoir jamais essayé l'ancien Fidji ! Il me tentait lorsque j'étais ado, notamment à cause de la publicité que je trouvais très belle (c'est le but de la publicité de donner envie d'acheter, après tout...), et puis "La femme est un île, Fidji est son parfum", c'est joli, non ? mais son prix était complètement hors de ma portée. Je ne me suis donc jamais préoccupée d'aller le tester. 



J'en cherche aujourd'hui un vieux flacon encore plein sur Internet, afin de connaître cette ancienne odeur apparemment si bouleversante, mais les prix des flacons vintage frisent parfois l'hystérie. A moins que je n'accepte de casser ma tirelire, ce qui serait de la folie pure (d'autant qu'on ne sait jamais, même avec ces marques de prestige, si le parfum s'est réellement bien conservé), il semble donc que jamais je ne connaîtrai le bonheur de respirer (plus que de porter, car quand on a la chance de posséder un flacon ancien de parfum, on n'a pas envie d'y toucher, juste de l'admirer) l'ancien Fidji de Guy Laroche. 

Vont-ils devoir changer la formule du n°5 de Chanel ? Vais-je être à nouveau obligée de changer de parfum ? Et que porter, désormais ? 

Si la formule du n°5 de Chanel change (quel sacrilège d'oser toucher au n°5 !!) et si la nouvelle formule ne me convient plus, je vais devoir me mettre en quête d'un nouveau parfum ou, si j'ai du mal à trouver quelque chose que j'aime, reprendre mes compositions "maison". 
J'irai sans doute respirer un parfum de Coty, ou alors Shalimar de Guerlain... Opium d'Yves St Laurent... On verra bien. 

Questions existentielles de première importance, vous en conviendrez, cependant, ne vous moquez pas trop car même si le monde d'aujourd'hui a d'autres préoccupations, bien plus graves de surcroît, la question de savoir quel parfum porter devrait tout de même retenir un minimum d'attention. On nous parle sans arrêt de bien-être, et on oublie que le parfum joue un rôle important dans cette sensation de bien être.

Et si c'était vrai, finalement, que lorsqu'on change de parfum, on change un peu à l'intérieur de soi-même ? Je ne dois pas avoir envie de me changer moi-même en ce moment, car j'espère vraiment pouvoir continuer encore longtemps, très longtemps, à utiliser mon n°5 de Chanel. 

Ce n'est pas une obligation de porter du parfum, évidemment, et de plus personne ne me force à porter ces parfums si onéreux ! C'est marrant d'ailleurs que je mette un point d'honneur à porter des parfums si chers, car je suis en réalité une personne très simple, qui ne fait pas de chichis, et pas sophistiquée dans mon apparence physique. Je m'habille très simplement (j'aime bien me tenir au courant des dernières tendances de la mode mais je me fiche complètement de la suivre), je ne porte quasiment pas de maquillage (dans la vie de tous les jours, je ne parle pas des grandes occasions), à part du mascara, et parfois un peu d'eye liner. Je ne ressemble donc en rien aux mannequins et autres célébrités qui prêtent leur image pour les publicités des parfums de renom. Cependant, j'ai ces deux passions : les bijoux (ceux en or, ou alors les bijoux indiens en argent, mais également les bijoux faits d'ambre) et les parfums de grande marque et hors de prix. 

Ce que je recherche, ce n'est bien sûr pas la frime de dire qu'on dépense des fortunes pour l'achat d'un parfum, je ne m'intéresse pas au fric, mais c'est la qualité. La très, très grande qualité. Le top niveau. Il n'est pas encore né, celui qui me verra acheter une bouteille de ceci ou cela dans un Monop. Je dois être un peu snob, quand même... Et malheureusement, la qualité, ça coûte très cher...

Je m'intéresse également de plus en plus à l'histoire du parfum. Il va falloir que je consacre un peu de temps de lecture à la question. Je sais que les Egyptiens anciens brûlaient des résines, des plantes aromatiques ou des fleurs en l'honneur des Dieux, mais à part Cléopâtre, je ne sais pas si les autres femmes de l'Egypte antique avaient l'habitude de se parfumer. J'adorerais avoir la possibilité de sentir ce qu'elles portaient à cette époque, mais aussi, on s'en doute, tester tous les anciens parfums créés au fil des époques. 

Je trouve également certains flacons magnifiques. Le parfum, c'est un tout. Presque un art de vivre. 

Quant aux publicités, il faut qu'elles soient splendides, elles aussi, sinon elles ne sont pas à la hauteur du produit qu'elles vantent. Haute parfumerie égal haute publicité. 


21 février 2017
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Une pensée pour Théo

Cet article a été rédigé le 10 février 2017 et ne prend pas en compte les développements ultérieurs de l'affaire.

Tout le monde sait à peu près ce qu'il s'est passé, les gens ont tellement jasé sur le sujet : un jeune homme interpellé par la police lors d'une interpellation certainement très musclée, et qui termine avec une blessure si grave qu'il doit être envoyé à l'hôpital pour se faire opérer. J'ai appris les faits mercredi (c'est à dire il y a deux jours, puisque nous sommes vendredi), plusieurs jours après qu'ils aient eu lieu. 

Au delà de l'extrême gravité des faits, j'ai été épouvantée de voir que pour nombre de gens, ce qui importait était surtout de savoir si le policier l'avait fait exprès ou pas. Il y avait vraiment des messages scabreux, voire à la limite de la décence. Beaucoup de personnes cherchaient à excuser les policiers en essayant de prouver (sur la base de quoi, on se le demande. Sont-ils enquêteurs ?) qu'ils ne l'avaient pas fait exprès. 

Autrement dit, ils s'en fichaient comme de leur première chaussette que le jeune homme soit bel et bien à l'hôpital, blessé et traumatisé. Ainsi, si le policier ne l'avait pas fait exprès, tout allait bien, la police n'avait fait que son travail, alors de quoi le jeune homme se plaignait-il ? 
De toute façon, pour certaines personnes, Théo ne pouvait être sincère : le seul fait que le jeune homme vive dans le "neuf cube" (et sans doute qu'il soit noir, mais ça personne ne le dit ouvertement, il y a toujours cette hypocrisie du "moi chui pas raciste, c'est les autres") le rendait suspect. Un jeune Noir du 93, y'a forcément kekchoz de louche là dessous.

J'ai rapidement parcouru quelques articles écrits à la va-vite, pour exprimer l'émotion et l'indignation ressenties (ce qui en soi n'est pas condamnable, évidemment. On comprend parfaitement bien que des gens aient souhaité exprimer leur solidarité "à chaud"). Le problème, c'est que les auteurs de ces articles se substituaient aux enquêteurs en condamnant par principe la police. Théo avait été violé par la matraque d'un policier, cela ne pouvait faire aucun doute.

Et là où le problème est encore plus grave, c'est que tout ce beau monde, y compris les auteurs des articles que j'ai lus, ne semblait choqué que par le fait même que Théo ait subi un viol, pas du tout par le fait qu'au delà du caractère intentionnel ou non de l'acte, il ait bel et bien été envoyé à l'hosto. Je sais, je me répète. Ben comme ça, ce sera encore plus clair.

Bref, comme je l'ai dis plus haut, tout ce qui intéressait les gens, c'était de savoir si le policier l'avait, oui ou non, fait exprès.

Des interpellations très musclées, voire trop musclées, il y en a tous les jours en France, j'imagine, et personne ne semble s'en émouvoir. Ca ne dérange visiblement personne. Ca ne dérange personne non plus que les gens subissent des contrôles au faciès. On ne voit pas beaucoup d'articles s'indignant du fait que si on est "issu de l'immigration" Sub-Saharienne et Nord Africaine, on a beaucoup plus de chances (je ne connais pas les statistiques exactes) de se faire contrôler dans la rue que si on n'appartient pas à ces deux communautés. 

Je ne suis pas complètement idiote et je sais bien que les policiers ne font pas un travail facile, c'est même un travail très, très éprouvant. Il est un fait désormais avéré qu'ils ne peuvent plus se rendre dans certains endroits sans se trouver confronté à un charmant comité d'accueil qui leur balance des pierres, des cocktails molotov ou je ne sais quoi. Ce n'est pas normal du tout et je le sais bien.

Maintenant, la façon dont moi je vois la situation (je ne dis pas que ce que je vais exposer est entièrement juste, que c'est la vérité vraie, mais mes observations m'ont conduite à penser cela), c'est que : 

- d'un côté des mecs de banlieue (puique c'est d'eux dont il s'agit) qui pêtent un plomb, un vrai, tellement ils en ont ras le bol de se faire contrôler dès qu'ils osent montrer leur nez hors de chez eux, qui en ont marre de voir que certains policiers ne leur parlent pas toujours avec le même respect que lorsqu'ils s'adressent à une population de quartiers favorisés, certains policiers étant même franchement, et ouvertement, racistes, qui en ont marre de se voir répondre "Ooohhh ! Je suis teeeellement désolé, le poste est déjà pourvu" quand ils cherchent du boulot et donnent leur nom à consonnance Arabe ou Africaine, (si, si, la discrimination existe bel et bien, même si on refuse de l'admettre), qui en ont ras le bol de voir certains "Français de souche" comme on dit maintenant, ou appelez les comme vous voudrez, les regarder de travers dans le métro, la rue, les lieux publics, surtout s'ils sont plusieurs (tout de suite, les gens de la non-banlieue pensent : "voilà une bande de racailles"), leur lancer des regards froids, voire haineux, ou des regards appeurés (du genre "je planque mon sac à main" dès que j'en vois un à l'horizon), d'entendre les blagues débiles et franchement limites qui sont régulièrement faites sur les Noirs et les Arabes (et je serais prête à parier que s'ils ne rigolent pas, on a ensuite le culot de leur reprocher leur manque de "sens de l'humour"...), qui parfois se font même insulter, carrément, voire taper dessus, ça arrive, et qui en ont certainement ras le bol aussi de voir que quoi qu'ils fassent, ils ne seront de toute façon jamais considérés comme des Français à part entière. 
Eh bien tout ça, toute cette haine, tout ce rejet au quotidien (et en augmentation !) auquels ils doivent s'habituer, faute de mieux, et avec lesquels ils doivent apprendre à vivre, ça encourage le communautarisme (du genre : on est mieux si on reste entre nous) et ça peut aussi te démolir psychologiquement un gamin. Ou le rendre agressif et haineux. Au choix. 
Essayons de nous imaginer deux minutes devoir affronter, chaque jour, sans exception, des regards haineux ou glacials dans la rue, dans le métro, dans les magasins (celui là, c'est forcément un voleur...), vu qu'il y a tellement de monde dans les rues que ce serait presque miraculeux qu'il n'y ait pas au moins une ou deux personnes pour les regarder de travers dans le courant de la journée... A la fin, on serait pareils, on se dirait : "Mais quoi à la fin ?? qu'est-ce que j'ai fait ? J'ai rien fait, alors pourquoi il me regarde comme ça, celui la ??"
On parle, pour eux, d' "intégration", alors qu'ils sont forcément intégrés d'office, puisqu'ils sont nés en France, sont Français, et n'ont jamais été des émigrés !! 
Un jour, mon mari (mais il ne l'était pas encore à l'époque) et moi nous nous baladions dans Paris, et une femme noire qui avait l'air de chercher son chemin essaye d'arrêter un passant blanc pour lui demander un renseignement. Le mec la regarde de travers, vraiment un regard plein de haine et de mépris, puis il passe son chemin sans même chercher à savoir ce qu'elle veut. La femme avait l'air sous le choc. Evidemment on est allés la voir tout de suite. Bien sûr, on ne peut pas prouver que l'attitude du type était liée au fait que la femme était d'origine africaine, il est peut être comme ça avec tout le monde, mais il ne faut pas non plus être complètement naïf, de mauvaise foi, ou mettre la tête dans le sable. Ce n'est qu'un exemple, j'en aurais des milliers à raconter (mais après on va encore me dire que mes articles sont trop longs).
Ajoutez à cela la difficulté accrue pour les mecs du "neuf trois" de trouver du travail... Le risque est alors élevé, très élevé, de voir ces gosses choisir la mauvaise voie : traffic de drogue (ça rapporte tellement de fric), crime... 
Je cherche à expliquer les racines du problème, je ne cherche évidemment pas à trouver des excuses aux personnes qui décident (car on a toujours le choix de ne pas le faire) de dealer de la drogue ou de commettre des crimes.
Heureusement qu'ils restent très minoritaires, ceux qui, dans leur vie, décident de prendre le mauvais chemin, mais il suffit d'un groupe de délinquants bien organisés pour emm... tous les autres habitants d'un quartier. 
Le problème, donc, c'est que puisque rien n'a été fait en amont, à savoir ne faire subir à personne une vie de discrimination, de rejet, voire de haine, à partir du moment où certains de ces gamins ont choisi la voie de la délinquance, parce que c'était plus facile pour eux et parce que de toute façon ils ne croyaient plus en leurs chances, il faut bien faire quelque chose !

- De l'autre, du coup, des policiers dont le métier, tout à fait louable et honorable, est de faire respecter l'ordre et la loi (sinon on vit en anarchie), de combattre les crimes, les traffics de drogue, et d'assurer la sécurité de tout le monde. 
Un métier extrêmement difficile, dangereux, qui met ces gens en uniforme au contact de la violence, parfois d'une violence extrême, et où parfois, lorsqu'ils sont en intervention, ils risquent même leur vie. Et personne ou presque ne les plaint. Alors que franchement, on devrait, eux aussi, les plaindre. On oublie souvent qu'au delà de leur uniforme, ils sont comme tout le monde, ils ont des familles, des gosses à élever, peut-être aussi des fins de mois difficiles...
Mettons nous deux minutes à leur place. Ces mecs, leur quotidien, c'est aussi de se recevoir des flots de haine, de se faire insulter, cracher dessus. Je suppose que leur quotidien si difficile ne les encourage pas à la compassion envers les personnes qu'ils arrêtent, ou qu'ils cherchent à arrêter. Ils voient un mec dans la rue, décident (pour une raison ou une autre, bonne ou mauvaise) de contrôler son identité, mais ils ne savent pas à l'avance si ce mec est un délinquant ou une personne normale. Ils ne savent pas comment ça va se passer, et peut-être ressentent-ils une certaine appréhension ? J'espère pour eux que non, sinon il faudrait tout de même qu'ils envisagent de faire un autre métier. Ce métier, qu'on ne viennent pas me dire qu'ils s'y sont engagés sans savoir ce qui les attendait. Mais ils s'y engagent souvent par idéal, parce qu'ils ont vraiment à coeur de protéger les gens, et c'est tout à fait respectable.
Lorsqu'ils poursuivent deux gars qui ont volé une voiture et que, je sais pas, les mecs qui ont volé la voiture ont un accident de la circulation (forcément, ils devaient rouler trop vite pour leur échapper), et meurent (ou pas), c'est les policiers qu'on blâme désormais ! Euh... on vous a jamais expliqué, lorsque vous étiez petits, que ça ne se faisait pas, mais alors pas du tout, de voler une voiture ? Que c'était un délit ? Excusez moi, mais les mecs en question, s'ils n'avaient pas volé cette voiture, ils n'auraient pas été pourchassés par la police, donc ils n'auraient pas eu cet accident. C'est aussi simple que ça. 

Tout ça fait au final que je pense sincèrement qu'il y a du pêtage de plomb des deux côtés. D'un côté comme de l'autre, on accumule tellement de frustration, de rancoeur, voire de haine, qu'on finit par pêter un câble. C'est devenu un cercle vicieux. 

Les flics, dont les armes sont parfois plus petites que celles des délinquants, sont bien obligés de se défendre s'ils se sentent en danger, d'essayer de se faire respecter, Je pense même que certains policiers sont devenus haineux. Certains l'ont peut être toujours été. Alors, dans le feu de l'action, si je peux dire, le coup part, l'insulte est lancée, on se met à tirer sur une personne désarmée parce qu'on est devenu haineux ou qu'on a tellement peur pour sa vie qu'on ne se contrôle plus... 
Ajoutez à cela les conditions de travail de plus en plus difficiles pour la police, si l'on en croit les journaux, selon l'expression consacrée, et sans doute la paye ridiculement basse par rapport aux risques qu'ils prennent... bref, la bavure n'est pas loin, et la reconversion serait des plus souhaitables...

- Et finalement, une société dans son ensemble qui voit les choses par le petit bout de la lorgnette, et qui ne cherche pas à analyser en profondeur la situation, afin de lui trouver des solutions.

Donc, d'un côté des mecs "issus de l'immigration" qui se réfugient dans le communautarisme et rendent le rejet dont ils ont été victimes, parce qu'ils en ont ras le bol qu'on les considère comme "pas des vrais Français", qui ne sont pas traités avec le respect auquel ils ont droit, qui sont considérés d'emblée comme suspects par la police (et ils ont raison d'en avoir ras le bol), et de l'autre des policiers qui en ont ras le bol que la police ne soit plus respectée par certains, qu'on les prennent un petit peu trop souvent pour des cons, excusez le terme, et qui en ont marre d'en être au point où ils mettent désormais leur vie en danger lors de leurs interventions (et ils ont raison d'en avoir ras le bol).

Bon, maintenant, on fait quoi pour changer tout ça ? Je crois que le malaise est tellement profond que ça ne va pas être de la tarte pour changer les choses. Mais il faut essayer. Chacun a une part de responsabilité. 

La société dans son ensemble devrait déjà accepter de reconnaître que les immigrés, ou personnes appelées (jusqu'à la fin de leur vie, visiblement) "issues de l'immigration" n'ont jamais été accueillis chaleureusement en France, qu'ils n'étaient pas les bienvenus, qu'ils ont subi, et subissent encore, beaucoup de racisme, qu'ils ont été, et sont encore, discriminés, et qu'ils ne sont pas toujours traités avec le respect auquel tout être humain a droit. Déjà, le seul fait de le reconnaître, une bonne fois pour toutes, fera avancer les choses. 

Exemple : je discutais il y a trois ou quatre ans, à Paris, avec une femme qui tient (ou tenait, sais pas) un magasin, et qui me dit qu'elle en voulait à Giscard d'avoir autorisé le regroupement familial. Autrement dit, sans regroupement familial, le mec, il voit jamais sa femme, ni ses gosses, et les enfants sont séparés de leur papa. Si elle trouve ça humain, pas moi. Elle n'accepterait jamais ça pour ses propres enfants, alors pourquoi est-ce qu'elle trouve ça normal quand il s'agit d'un immigré ??

Pour en revenir à la police, il leur faudrait peut-être de meilleurs formations, y compris des formations à la relation policier-citoyen, sans doute aussi un salaire plus en rapport avec les risques qu'ils prennent, et puis il faudrait aussi qu'ils aient la possibilité de maîtriser un mec, aussi baraqué soit-il, sans être "obligés" de lui taper dessus et l'envoyer direct à l'hosto ! 

Et pour en revenir à Théo, admettons maintenant que le policier ne l'ait pas fait exprès et que ce soit un accident. Théo aurait donc cru que le geste avait été intentionnel. Faut-il pour autant le clouer au pilori comme je l'ai lu ici et là ? J'ai parcouru (très rapidement) twitter et j'ai lu des trucs vraiment ignobles à son sujet sous certains hashtags. 
Si le policier ne l'a pas fait exprès, est-ce pour autant normal qu'une interpellation soit si musclée, ou si violente, que la personne interpellée soit gravement blessée et doive subir des opérations chirurgicales ? N'est-il pas possible que la police française contrôle les gens de façon un peu plus calme, en évitant toute forme de violence ? Peut-être suis-je naïve, et c'est impossible avec certaines personnes, mais je suis sûre que la violence n'est pas nécessaire avec tout le monde.

C'est un truc typique en France de contrôler les gens. Même si on sait que le délit de faciès est souvent appliqué, théoriquement, tout citoyen, quelque soit sa couleur de peau, son origine... peut être contrôlé, et à n'importe quel moment. C'est pas agréable, ça ne contribue pas à instaurer un climat de confiance entre policiers et citoyens sans uniformes, mais malheureusement c'est comme ça. Alors les gens qui ont fait remarquer, sur Internet, que lorsqu'on subit un contrôle d'identité, on montre ses papiers sans protester, on dit "oui monsieur l'agent", "bien monsieur l'agent", n'ont pas tout à fait tord non plus...

Si le policier l'a réellement fait exprès, alors ça signifie, déjà, qu'il est complètement dingue, et que la police des polices s'est plantée dans son verdict, mais en plus ça signifie qu'à cause de cette erreur de jugement, Théo n'obtiendra jamais complètement justice, même si les policiers sont condamnés à quelque chose, et ça c'est très, très grave aussi. 

Quelque soit le caractère volontaire ou non de la blessure qu'a subie Théo, le fait même que ce jeune homme ait été envoyé à l'hôpital en sang, et qu'il ait dû subir des opérations chirurgicales, à la suite de ce qui aurait dû être un "simple" contrôle d'identité (mais combien en subit-il chaque mois ?) est totalement anormal et mérite d'être très sévèrement sanctionné. 

Je ne m'étendrai pas sur les horreurs que j'ai lues à son sujet sur Internet en général ou les réseaux sociaux en particulier. Je les ai évoquées plus haut. Ce qu'on peut y lire est absolument immonde de racisme et de crétinisme.

Je vais finir par croire, si ça continue comme ça, qu'il faudrait malgré tout un minimum de surveillance et de régulation de ce qui se dit (et de qui le dit) sur les réseaux sociaux et Internet en général, parce que laisser s'exprimer ainsi, ouvertement, sans aucun complexe, une telle haine, une telle ironie, mais aussi, aussi incroyable que cela puisse paraître, tant de moquerie, concernant un jeune homme qui va peut être conserver des séquelles à vie de ses blessures, et sans doute aussi un profond traumatisme psychologique, c'est aussi criminel que les actes que les délinquants, quels qu'ils soient et d'où qu'ils soient, peuvent commettre, et qui sont, eux, réprimés par la loi.

Je croyais que le racisme et les appels à la haine étaient des délits ? Alors pourquoi laisse-t-on faire ceux qui commettent ces graves délits ? Et pendant ce temps là on va aller demander, du matin au soir, à des mecs (qui, pour certains, ont bel et bien commis des délits, mais qui, pour d'autres, n'ont rien fait du tout) de présenter leurs papiers, sur la seule base de leur couleur de peau ou leur origine. 

Je ne comprends pas qu'au nom de la liberté d'expression, on tolère sur Internet de tels appels à la haine. On a complètement renversé les valeurs de la société en faisant cela. Pouvoir cracher sa haine en toute liberté et impunité est devenu plus important aux yeux de la société que le bon sens de vouloir traiter chaque personne avec respect, afin que nous puissions continuer (mais pour combien de temps encore...) à vivre ensemble dans les meilleures conditions possibles. 

Au nom de quoi sommes nous, tous, obligés de subir un Internet où règne désormais la haine, le racisme... ?

Si on ne change pas cet état de choses de toute urgence, ça ne présage malheureusement rien de bon pour l'avenir... 

J'ai donc une pensée très émue et très chaleureuse pour Théo, et j'espère du fond du coeur son prompt rétablissement. J'ai également une pensée pour sa famille, et sa soeur que j'ai vue sur TV5 et qui visiblement retenait courageusement son émotion. Je l'ai trouvée très forte (sans parler de la dignité dont Théo a fait preuve). Ce n'est pas facile de rester forte dans de telles circonstances. Mais peut-être n'a-t-elle tout simplement pas le choix...

Eh oui, j'adore Bjorn Borg

Bon, vous allez me dire que je ne choisis que des hommes dans ma rubrique "Eh oui j'adore" ! Comme s'il n'y avait pas également des actrices, chanteuses, sportives... que j'admire. Alors, désolée, mais ce sera encore un homme aujourd'hui. 
Eh oui, j'adore Bjorn Borg !


Les explorateurs du net.






Il ne doit rien y avoir de plus exaltant que d'être un pionnier dans un domaine, d'ouvrir une voie, qu'elle se situe dans l'Himalaya, dans les domaines de la technologie, des sciences, des Arts, de l'architecture... Innover soi-même, être l'inventeur (peut-on dire "inventeuse" ?) ou faire partie des premières personnes à tester la chose nouvelle, avec souvent les plâtres qu'il faut accepter d'essuyer. On peut inventer soi-même un logiciel, ou se jeter sur les versions Beta dès qu'elles sont sorties. On peut aussi choisir d'attendre prudemment que le concept ait fait ses preuves ou ait été amélioré. Les deux attitudes se valent tout à fait, il n'y en a pas une qui, à mon sens, ait plus de mérite que l'autre. 

Le procès d'un humaniste

"L'aide médicale de l'État (AME) est un dispositif permettant aux étrangers en situation irrégulière de bénéficier d'un accès aux soins." Telle est l'introduction de l'article du site Service-Public consacré à l'Aide Médicale d'Etat. Autrement dit, l'Etat lui-même vient, parfois, en aide aux personnes en situation irrégulière.

Merci petit Papa Noël 2016

Cette année, nous avons passé Noël à Paris et ce fut un magnifique moment. Sorties, expos, cocooning, marchés de Noël (j'ai une pensée très émue pour les personnes qui ont perdu la vie au marché de Berlin), magie des vitrines décorées... 
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France Inter, c'est fini sur les Grandes Ondes ?




Je viens d'apprendre que France Inter va arrêter de diffuser sur les grandes ondes. Evidemment, il se passe des choses plus graves sur cette Terre et cela ne va pas gêner la majorité de la population française, car je suppose que presque tous les auditeurs de cette radio, s'ils sont situés en France, l'écoutent sur la bande FM, et non sur les grandes ondes. 
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Ousmane Sow

Je viens d'apprendre en surfant sur Twitter la triste nouvelle, la mort de l'artiste sénégalais Ousmane Sow. J'étais allée voir, plusieurs fois, l'exposition de ses oeuvres sur le Pont des Arts en 1999, et j'avais été plus que frappée par la beauté de ses sculptures, j'avais été subjuguée. 

Fêtes foraines et musée de l'emballage et de la publicité.

En règle générale, je n'aime pas trop l'ambiance des fêtes foraines, c'est bruyant (je me souviens d'une visite à la foire du trône il y a quelques années avec une copine fan de fêtes foraines, d'où je suis repartie avec une migraine mémorable), on respire à pleins poumons, dans chaque allée, les traditionnelles effluves de sucre chaud qui m'écoeurent bien plus qu'elles me mettent l'eau à la bouche, et j'ai du mal à comprendre le plaisir que peuvent éprouver les gens à monter dans ces manèges acrobatiques dont le but est de vous terrifier et vous faire pousser des cris stridents. Cependant, il y a tout de même des attractions qui me plaisent dans certaines fêtes foraines, et c'est pourquoi j'accepte bien volontiers de m'y rendre lorsqu'on me le propose. 
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La folie des 5 livres...

Depuis que le nouveau billet de cinq livres est sorti en Grande Bretagne, c'est un peu la folie sur les réseaux sociaux, ou sur les plateformes de vente et d'enchères comme eBay. A la vente, les tous premiers billets s'y échangent à des prix dépassant souvent 50 ou 100 fois leur valeur en marchandise, à des collectionneurs qui veulent des billets portant les tous premiers numéros de série dans un état impeccable, ou présentant au contraire des défauts de fabrication qui ne font qu'augmenter leur rareté. Parfois la vente ne va pas jusqu'à son terme, et des personnes ont placé des enchères bidons qu'ils ont ensuite rétractées (comme cette enchère à £60 000 ou je sais plus combien de livres sterling !!), au grand désespoir du vendeur.
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Une fillette en danger



Il y a des années de cela, je monte dans un train, de retour d'un séjour dans les Alpes, et trouve la place qui m'était réservée. En face de moi est assise une jeune mère d'environ trente, trente cinq ans, accompagnée d'une fillette. Elle était plutôt hippie, car elle portait une de ces robes longues de coton coloré "made in India" comme on en trouvait autrefois dans les boutiques Pier Import.

Jill

On a rencontré Jill il y a un peu plus de trois ans maintenant. Si vous voulez la voir, vous la trouverez dans les brocantes de la région. Son apparence a tout de suite attiré notre attention. La soixantaine bien sonnée, de longs cheveux gris et ondulés qui lui tombent librement sur les épaules et dans le dos, le cou et les doigts couverts de bijoux indiens. Ce sont ses bijoux qui ont tout d'abord attiré mon attention, car j'en porte aussi pas mal, du même style. Peut-être porte-t-elle également des bagues de pieds, mais je n'ai jamais regardé ses pieds en été. Nous-mêmes, nous fréquentons souvent les brocantes, les vides greniers et tous les endroits où nous pouvons assouvir notre passion commune des vieux objets, et comme on la voyait régulièrement, on a fini par faire connaissance.

Bourg Saint Maurice, avant, après.

Quelle ne fut pas ma surprise en découvrant cette vieille carte postale en Angleterre, dans ma ville ! A croire que c'était bien moi qu'elle attendait. Elle a été postée par une britannique en villégiature dans la région. Elle y raconte la chaleur, le bleu du ciel, et le fait qu'elle va bientôt partir pour visiter l'Italie (qui n'est pas loin de là).
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Histoire d’un permis.



Histoire de mon permis de conduire, tel que je l'ai passé en GB, et quelques comparaisons intéressantes entre les systèmes français et britannique. 


La toute première leçon de conduite de ma vie, je l’ai prise à la Cité des Sciences et de l'Industrie. 
Il y avait autrefois une machine, un simulateur de conduite (ou de course automobile, je sais plus) aux pieds de l’ancienne rampe qui supportait les vieilles voitures de collection (je crois que ces voitures ont été enlevées parce qu’elles ont été abîmées, mais j’en suis pas sûre). J’avais très envie de l’essayer, mais le problème, c’est qu’il était monopolisé toute la journée par une bande de gamins du quartier, âgés de huit à quinze ans peut être, je ne sais pas, qui l’utilisaient à tour de rôle et ne le laissaient à personne d’autre, même quand il y avait des gens qui attendaient à côté d’eux. Le fait est qu’ils s’éclataient bien sur ce truc, mais à moins de dormir sur place ou venir à cinq heures du matin, il n’y avait pas moyen de s’en servir, ne serait-ce qu’une minute. Chaque fois que je venais à la Cité, ils étaient là. Aucun espoir, donc, d’utiliser le simulateur si on se contentait d’attendre patiemment qu’ils s’en aillent pour prendre la relève. 
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"London Is the Place For Me..."

"London Is the Place For Me..." J'aime bien écouter cette jolie chanson, qui est chantée dans "Paddington", le film très marrant de Paul King, mais si j'aime beaucoup Londres, je suis bien contente qu'on n'y vive pas car je préfère, et de loin, le calme de la petite ville dans laquelle je me trouve. Londres est une ville super, mais tout de même une ville bruyante et agitée, dans le centre du moins car dès qu'on s'éloigne un peu ça va beaucoup mieux. 
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TV5, la Francophonie et le 49/3.

Pour ne pas perdre contact avec l'actualité française, ici en GB, il m'a toujours semblé important de pouvoir continuer à bénéficier des média audiovisuels hexagonaux. J'ai donc pris un vieux poste de radio (je suis une sorte de rétrogirl qui aime bien continuer à utiliser les Anciennes Technologies) et j'ai tourné le bouton jusqu'à ce que j'entende la douce langue de Molière. 

La première radio que j'ai captée a été France Info sur MW 1377, et j'ai ainsi pu écouter chaque matin un concentré d'actualité avant de me mettre au travail. Curieusement, j'ai cessé du jour au lendemain de la capter. Dire "du jour au lendemain" n'est pas exagéré (j'ai souvent tendance à exagérer) car la veille, je recevais France Info, et le lendemain je ne la recevais plus. Je ne sais pas ce qu'il s'est passé.

Fluctuat Nec Mergitur, un p'tit tour et de retour...

De retour aujourd'hui de trois jours passés à Paris. Départ vendredi, retour mardi. La ville est aussi belle, aussi bouillonnante, aussi pleine d'énergie que toujours. 

Cependant, cette énergie, faite de bruits permanents de circulation, de grondements divers, de milliers de gens qui vaquent à leurs occupations, formant un flot humain au milieu duquel il faut naviguer, se faufiler, trouver sa place, cette énergie faite aussi du crissement assourdissant de certaines rames de métro sur leurs rails, elle a tendance à m'épuiser désormais. Après plusieurs années passées dans une petite ville calme et tranquille située, de plus, du côté britannique de la Manche, je n'ai plus l'habitude de toute cette agitation et ce bruit.

"De plus", car les Anglais ont la réputation, très certainement méritée, d'être plus calmes que les Français. Même l'énorme ville de Londres est plus calme et moins stressante que Paris. Paris est faite d'agitation parfois extrème, de gens qui marchent à une vitesse folle, parfois même qui courent, qui vous bousculent, et sont trop pressés pour se retourner et vous demander pardon, d'automobilistes klaxonnant à la moindre occasion, d'autres automobilistes (ce qui me fait me demander pourquoi les gens deviennent si différents dès que leur voiture est impliquée) qui parfois s'engueulent en pleine rue.

Paris m'épuise. Au bout de trois jours à peine, je suis à ramasser. Je ne peux plus y venir sans attraper une grippe, un rhume, une angine, une conjonctivite, une toux persistante... la liste pourrait être longue... voire des mycoses because la saleté du métro. Avant, lorsque j'y vivais, je n'avais pas ces problèmes. Lorsque je viens à Paris maintenant, je passe mon temps à me passer du gel désinfectant sur les mains pour essayer de chasser les germes. Moi qui croyais que l'immunité contre certains germes, que les migrants perdaient après quelques temps loin de leur contrée de naissance, ne concernait que les personnes en provenance de lointains pays tropicaux, ou les touristes sujets à toutes sortes de petits désagréments, je me rends compte maintenant que cela peut concerner tout le monde. Je ne semble plus être immunisée contre les germes parisiens. 

Paris m'épuise désormais, mais je l'aime de plus en plus. Et j'aime de plus en plus les Parisiens, qui pourtant n'ont pas toujours bonne réputation. Je ne serai jamais immunisée contre Paris lui-même.

La dernière fois que nous étions venus à Paris, c'était le lendemain des attentats de novembre (c'était prévu que nous venions). J'avais trouvé la ville sous le choc, triste, sonnée, les rues étaient étrangement silencieuses, certaines donnaient même à la capitale un air de ville fantôme, beaucoup de gens avaient l'air préoccupés, bouleversés, parfois abattus, et pourtant on sentait les Parisiens déterminés à résister, à ne pas céder à cette peur que l'on cherchait à leur inoculer de force. Des gens faisaient exprès de s'assoir en terrasse, parce que les terrasses de café, c'est aussi cela, Paris, et certains cafés (enfin pour être exacte j'en ai vu un ou deux, mais je suis sûre qu'il y en avait plus) affichaient même des banderolles sur lesquelles on pouvait lire : "Je suis en terrasse". J'ai trouvé cela très fort et très émouvant. La Place de la République, où nous nous sommes rendus, était recouverte de bougies, de photos, de messages, d'hommages divers. Nous ne sommes pas allés devant le Bataclan. 

(Les photos ci dessous ont été prises en avril 2016)











Plusieurs mois après le drame, la statue de la République était toujours recouverte de messages et d'hommages aux victimes des attentats (et de quelques graffitis, pauvre statue !), on y retrouve le "Fluctuat Nec Mergitur" et le "Même pas peur", mais il est venu s'y ajouter des messages plus politiques, notamment liés aux Panama papers, et bien sûr à la loi El Khomri et la Nuit Debout qui font la une de l'actualité en ce moment. 

J'ai trouvé les Parisiens encore frappés par ce qui est arrivé, c'est normal, et les radios en parlent encore énormément, mais dans l'ensemble, l'énergie, je trouve, est revenue. La ville s'est peut être réveillée avec la gueule de bois, mais elle s'est réveillée. Les gens vaquent de nouveau à leurs occupation, vous bousculent aux heures de pointe sur les boulevards, le samedi, parfois sans se retourner pour vous demander pardon, ils sourient, se marrent ou font la tronche comme avant, les klaxons ont repris du service, et oh bonheur ! on a même vu deux automobilistes s'engueuler.

A la République, il y a aussi, désormais, la Nuit Debout. Je sais qu'il s'agit, au départ, d'un mouvement de protestation contre la loi El Khomri, au sujet de laquelle je n'ai pas eu le temps de m'informer. Avant de venir à Paris ce mois-ci, je me suis connectée sur leur radio internet et vu quelques reportages filmés sur le vif dans la rue, sans doute au moyen de téléphones portables, et l'impression générale que j'ai alors retiré de ce mouvement est une certaine confusion. J'ai eu l'impression d'un mouvement pas très bien organisé, je ne dirai pas un mouvement qui ne va nulle part, mais je me suis demandé ce qu'il va ressortir de tout cela. 

Bien qu'ils aient un programme et un manifeste, je ne comprends toujours pas exactement ce qu'ils veulent, concrètement, au delà de cette protestation initiale contre la loi El Khomri. Lorsque l'on consulte leur site internet, on voit qu'ils organisent des "Assemblées populaires" (j'ai horreur de ce genre de vocabulaire, ça me rappelle toujours tout ce que j'ai lu sur les Khmers rouges, sans bien évidemment comparer ce mouvement à une idéologie qui a eu pour résultat une effroyable dictature sanglante), des "Jury citoyens" (y jugent-ils quelque chose ?) ils font des réunions sur le thème de l'écologie, du logement, de l'économie, du féminisme... bref, j'ai l'impression que ça part un peu dans tous les sens. Il vaut mieux essayer de réfléchir sur notre société que ne pas réfléchir du tout, évidemment, mais, je me répète, que va-t-il ressortir de concret de tout cela ? 

J'ai participé aux manifestations étudiantes de 1986, ayant suivi le mouvement général bien que ne rejettant pas la totalité de ce qui était proposé dans le projet de loi Devaquet (je pensais que l'on pouvait s'inspirer de quelques points et les adapter, faire des compromis), j'ai fait les manifs dans la rue avec les copains copines, j'ai participé (ou plus exactement je suis venue écouter, en observatrice très attentive, mais je n'ai pas réellement participé) aux assemblées générales dans les amphis de ma fac, j'ai rencontré des tas de gens à cette occasion, et j'ai gardé deux impressions de ce mouvement. 

D'abord, si t'étais pas d'accord avec l'avis général ultra majoritaire et ultra dominantc'était même pas la peine de venir, tu étais un traître à la cause du peuple. C'est le "t'es avec nous, ou t'es contre nous" que l'on retrouve dans tant de mouvements politiques. Tu te devais d'être en total désaccord avec le projet de loi, d'en rejeter tous les points, sans exception, en bloc, sans discuter, sans même chercher à réfléchir par toi-même et encore moins penser que l'on pouvait peut-être faire quelques compromis... Oui ? Non ? Aucun compromis ? Ah bon...

Deuxièmement, une fois la loi abandonnée, le mouvement s'est très rapidement essoufflé. Toutes ces assemblées générales durant lesquelles les "meneurs" (car il y en avait, sous la forme de délégués étudiants, de représentants de ceci ou cela) avaient non seulement élaboré des plans d'action contre la loi, organisé les manifestations, mais aussi refait le monde, rêvé d'un monde meilleur, n'ont mené à rien de concret sur le long terme. Le petit journal universitaire que le "comité" du mouvement avait commencé à publier a stoppé net sa publication, les gens sont retournés en cours (comme beaucoup d'étudiants en accord partiel avec le mouvement, je n'avais cessé d'y aller que lorsque les profs se sont eux-mêmes mis en grève, oh la vilaine traître à la cause !) les étudiants ont cessé leurs assemblées générales et ont recommencé à flipper car les examens approchaient, et le monde a repris son cours tranquille.

Bref, je me demande si Nuit Debout continuera sur le long terme (et dans ce cas il en ressortira sans doute quelque chose) ou alors ce sera comme notre mouvement étudiant de 1986, qui a obtenu ce qu'il voulait, à savoir le retrait du projet de loi, mais n'a été le début de rien, n'a rien élaboré, réellement rien changé à notre modèle de société et n'a, finalement, pas refait le monde du tout. 

Paris est actuellement en ébullition mais, je me répète encore, que va-t-il donc ressortir de tout cela ? Il me semble avoir compris (pas évident de suivre de près l'actualité quand on n'est plus en France) que le mouvement Nuit Debout refuse d'avoir des représentants, des portes paroles ? C'est bien de vouloir que tout le monde s'exprime à égalité, j'approuve, on ne peut qu'approuver, forcément, et d'un certain côté je trouve ce mouvement populaire très intéressant, mais où vont-ils s'ils n'ont pas de représentant, ni (à mon impression, qui est peut-être fausse) vraiment d'organisation structurée ? 

J'ai vaguement lu que le philosophe Alain Finkielkraut s'est fait virer du mouvement, ou un truc dans le genre ? Je n'ai pas encore eu le temps de lire ce qu'il s'est passé mais je vais sans aucun doute le faire très vite.

Le mouvement va-t-il s'essoufler, tomber dans les extrêmes (si ce n'est déjà le cas), mieux s'organiser, élaborer une pensée positive et réellement constructive (si ce n'est déjà le cas) ? Refaire le monde ? Se casser brutalement la figure ? S'effilocher peu à peu ? Tomber dans le néant, voire dans l'oubli ?

L'avenir nous le dira.



Mardi 20 avril 2016
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